« TAITAIMBAOBINA » , se dit « d’une personne qui agit sous la poussée d’une force irrésistible, en l’absence de toute volonté réfléchie« . Cette expression malagasy est celle qui caractérise le mieux Vazaha Ratandrametaka, au vu de ses nombreuses décisions saugrenues, loufoques, bizarroïdes et incohérentes.
Importation de zèbres, d’éléphants, de girafes
Fin octobre 2022, lors du forum des investisseurs pour l’émergence de Madagascar (émergence était encore un de ces mots clés du régime), Vazaha Ratandrametaka n’avait-il pas dit » Quand on regarde le dessin animé ‘Madagascar’ qui a fait la promotion de Madagascar, on trouve des girafes, des zèbres, mais malheureusement, il n’y a pas de girafes, il n’y a pas de zèbres, il n’y a pas d’éléphants, ici à Madagascar. C’est pour cette raison que l’on s’est dit que, dans les sites et les aires protégées, nous allons ériger et faire appel aux investisseurs à construire des hôtels écolodges 5 étoiles et que nous voulons voir des girafes, des zèbres, des éléphants et beaucoup d’autres animaux« .
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/11/02/a-madagascar-andry-rajoelina-et-ses-projets-fous-de-safari_6148250_3212.html#xtor=AL-32280270-[twitter]-[ios]
Le pasteur Zaka avait traité avec ironie cette proposition lors d’un sermon mémorable au Coliseum, disant qu’un éléphant viderait quotidiennement le lac Anosy rien que pour étancher sa soif. Alors qu’on manque déjà d’eau partout dans Madagascar ! Et Madagascar a actuellement du mal à prendre soin de sa faune endémique comme les lémuriens ou les fosas, dont les Malagasy devraient être fiers.
Quelle idée farfelue effectivement que Vazaha Ratandrametaka avait néanmoins sérieusement promue en annonçant « l’exonération de taxes pour les investisseurs intéressés » !
Riz hybride chinois
Après le FOCAC 2024 en Chine, Vazaha Ratandrametaka s’est émerveillé en découvrant enfin le riz hybride chinois, et selon le site de la présidence « Madagascar engage sa coopération avec la Chine pour l’autosuffisance alimentaire grâce au riz hybride » .https://www.presidence.gov.mg/actualites/informations/relation-internationale/2338-madagascar-engage-sa-cooperation-avec-la-chine-pour-l-autosuffisance-alimentaire-grace-au-riz-hybride.html .
« Autosuffisance alimentaire grâce au riz hybride » ? Au lecteur d’apprécier l’incohérence de cette expression : certes le riz hybride contribuera à l’autosuffisance alimentaire, mais ne suffira pas.
Sans parler de la confusion entre les termes « Autosuffisance » et « Souveraineté« , Vazaha Ratandrametaka n’ayant pas l’intelligence de comprendre les conséquences d’une telle confusion sur les politiques à mener. Il devrait commencer par se faire expliquer les différences entre ces deux expressions.
Pourtant depuis 2008, Madagascar dispose déjà d’un centre de recherche sur le riz hybride à Andranovaky/Mahitsy, pas loin des chutes de Farahantsana, juste à une trentaine de kilomètres seulement d’Antananarivo.
Vazaha Ratandrametaka n’y a jamais prêté attention ces 16 dernières années, et a fait plus de 1 500 kilomètres au sud de Pékin, pour découvrir à Changsa les qualités du riz hybride chinois.
Agri business
Pour l’IEM, il n’y avait de place que pour l’agribusiness. S’était tenu en juin 2022 un Forum B2B Agribusiness destiné à « l’accélération de la mise en œuvre du plan de développement agricole pour l’autosuffisance alimentaire de Madagascar, un événement de mise en relation ou Forum Business to Business sera programmé pour mettre en relation les producteurs, les porteurs de projets, les détenteurs de terrain à grande échelle, les acheteurs et surtout les investisseurs dans le secteur de l’agribusiness »

On avait annoncé à l’époque, à grands renforts de communiqués, la signature d’un protocole d’accord avec la société Elite Agro LLC d’Abu Dhabi. 60 000 hectares leur avaient été réservées dans la région très fertile du Bas Mangoky : 350 000 tonnes de riz, 200 000 tonnes de maïs, 150 000 tonnes de blé, 300 000 tonnes de soja, 20 000 tonnes de pois du cap et 30 000 tonnes d’arachide, étaient prévus être récoltés. Quel rêve éveillé, qui hélas ne s’est jamais concrétisé !
Qui sait ? La nomination de Razanamahefa Tahin’ny Avo, comme secrétaire d’Etat auprès de la présidence en charge de la souveraineté alimentaire, va peut-être enfin relancer l’agribusiness, ce vieux fantasme de Vazaha Ratandrametaka. Cette dame n’a-t-elle pas été la DG de la société STOI ? L’Etat n’a-t-il pas mis un terrain de 50 hectares à Sambava à disposition de cette société, pour y produire 3 variétés de semences de riz hybride ?
Bonjour les conflits d’intérêts, dont ce régime est coutumier !
Quid de l’agriculture familiale ?
L’agriculture familiale produit presque la totalité de la production rizicole. Pourtant, Vazaha Ratandrametaka méprise ces paysans et ne lui consacre aucune attention. Non, il a commencé à s’y intéresser lorsqu’on lui a parlé de la technique agricole « PFUMVUDZA » lancée au Zimbabwe. Bah ! Toujours cette fascination presqu’enfantine vis-à-vis de tout ce qui vient de l’Etranger !
Cette fois, il n’est pas allé en Zambie pour s’informer, mais a visité un centre pilote de PFUMVUDZA à Ambatolampy Tsimahafotsy.
Il a promis d’appliquer cette technique dans le cadre du projet Ankohonana Miarina à Arivonimamo. Et plus tard de l’étendre à toute l’île, même dans le Sud car cette technique nécessiterait peu d’humidité.
Comme aucun financement extérieur de ce projet PFUMVUDZA n’est prévu pour l’instant, il sera dépendant des maigres ressources propres et risque une fois de plus de rester à l’état de projet.
Importation massive de PPN
Fin septembre 2021, Vazaha Ratandrametaka avait annoncé à son retour de New York, l’affrètement de 20 navires transportant des produits de première nécessité. C’était la seule réponse trouvée par Vazaha Ratandrametaka pour lutter contre la hausse du coût de la vie, même si elle va à l’encontre des intérêts des paysans producteurs malagasy. Ces PPN étaient importés par la SPM (State Procurement of Madagascar). En anglais svp ! Cela fait sans doute plus business.
Ces produits importés ne payaient pas de taxes, ce qui revient à subventionner les paysans indiens, pakistanais et étrangers, afin de leur permettre de concurrencer les paysans producteurs malagasy. Mais c’était le cadet des soucis de Vazaha Ratandrametaka.
Si seulement ce voyage en Chine a enfin ouvert les yeux de Vazaha Ratandrametaka et l’a convaincu que la première priorité c’est d’abord de faire manger correctement la population (une des bases de la fameuse pyramide de Maslow), et non le téléphérique qui ne servira qu’à désenclaver son domicile personnel d’Ambatobe. C’est ne pas décider la construction d’un colisée sur le site du palais de la Reine, après avoir été impressionné par le spectacle du Puy du Fou. Ou d’annoncer sa volonté « d’importer des professeurs étrangers » !
Et que pour ce faire, il doit d’abord aider les paysans à augmenter leur production et d’en faciliter ensuite la commercialisation (d’où l’utilité des routes carrossables, même si elles ne se mangent pas !). Les deux doivent absolument aller de pair.
Alors, seulement peut-être, les Malagasy pourront enfin caresser l’espoir de disposer dans un proche avenir de suffisamment de riz qui rémunérera correctement le paysan, et dont le prix sera à la portée des consommateurs.
De telles décisions réfléchies se prennent évidemment à tête reposée, et non sur un coup de tête et d’une impulsivité irrépressible.











