C’est un énième épisode d’un feuilleton devenu lassant : les promesses mirobolantes du président Rajoelina fondent comme les réserves d’eau des barrages hydroélectriques en saison sèche. Lors de son intervention sur la TVM, le chef de l’État a déclaré fièrement – sans le moindre recul ni la moindre gêne – que la Jirama allait produire 100 mégawatts supplémentaires par mois pour résoudre les problèmes de délestage. Une annonce qui, à première vue, sonne comme une avancée. Mais dès qu’on gratte un peu, l’amertume remonte.
De 400 à 100 : le chiffre de la désillusion
Petit retour en arrière. En 2018, alors qu’il briguait la présidence, Rajoelina promettait haut et fort 400 mégawatts d’électricité supplémentaire par an. À l’époque, il ne s’agissait pas de simples intentions : il affirmait que tout était prêt, étudié, ficelé, qu’il ne manquait que son élection pour enclencher la machine. Un discours sûr de lui, taillé pour séduire les électeurs lassés par les coupures à répétition.
Aujourd’hui, six ans plus tard, c’est une annonce quatre fois inférieure qui est brandie comme un trophée. Ce n’est plus un recul : c’est une capitulation face à ses propres engagements. Où sont passés les 400 mégawatts ? Où est passée cette fameuse « étude déjà prête » ? Où est la transparence sur ce qui a été réellement fait entre-temps ?
Le roi des effets d’annonce
Ce revirement est plus qu’un aveu d’échec, c’est la confirmation que le régime Rajoelina carbure aux effets d’annonce. On promet, on sur-promet, puis on oublie. Et quand la réalité frappe, on baisse les chiffres, on ajuste le discours, mais on garde le même ton triomphaliste. C’est presque insultant pour une population qui subit encore des heures de délestage chaque jour, pendant que les ministres, eux, se pavanent sous la lumière constante de leurs groupes électrogènes.
Un peuple pas si amnésique
Non, Monsieur, nous n’avons pas oublié. Pas oublié les promesses de 2018. Pas oublié vos paroles à effet boomerang. Pas oublié que chaque coupure d’électricité est un coup porté à l’économie, à l’éducation, à la santé. Vous nous avez vendu une centrale de promesses. Résultat : les lampes s’éteignent toujours, les frigos pourrissent, les PME étouffent.
Aujourd’hui, vous prétendez « solutionner » avec 100 mégawatts supplémentaires ce que vous juriez régler définitivement avec 400. Ce n’est pas une solution, c’est une reddition. Et il est grand temps de tirer un trait sur ce mode de gouvernance basé sur la poudre aux yeux.
La lumière ne viendra pas des discours
Le peuple malgache mérite mieux que des illusions réchauffées à la télévision nationale. Il mérite une politique énergétique digne de ce nom, pas une révision à la baisse des ambitions, livrée avec le même sourire satisfait. Le délestage est devenu une habitude. Le mensonge politique aussi.
Et à ce rythme, bientôt, même les promesses ne seront plus capables d’allumer une simple ampoule.





