Ces derniers mois, des images circulent sur les réseaux sociaux montrant les fils du Président malgache en compagnie de hauts responsables et hommes d’affaires des Émirats arabes unis (EAU). Derrière ces rencontres formelles ou informelles, se dessine une diplomatie parallèle, opaque et controversée, qui fait planer une ombre inquiétante sur la transparence des relations internationales de Madagascar.
Une offensive stratégique des Émirats arabes unis en Afrique
Depuis une décennie, les Émirats arabes unis ont lancé une offensive stratégique massive en Afrique, visant à contrôler des accès logistiques et maritimes clés, à sécuriser les ressources naturelles et à asseoir leur influence économique et politique. Madagascar, île stratégique de l’océan Indien, riche en minerais, terres agricoles fertiles et sources d’énergie renouvelable, est une cible de choix dans ce jeu géopolitique.
Des intérêts émiratis clairement affirmés, un pouvoir malgache désarmé
Les EAU multiplient investissements et partenariats dans des secteurs critiques à travers des accords signes avec le gouvernement Malagasy: infrastructures portuaires, raffineries d’or, énergie solaire et hydroélectrique, et agriculture industrielle. Sous couvert d’« investissements verts » et de « coopération sud-sud », les Émirats installent peu à peu un réseau logistique et économique qui pourrait bien leur conférer une emprise durable sur le territoire malgache.
Mais ce qui devrait alerter les Malagasy, c’est l’absence totale de contrôle démocratique sur ces opérations, et surtout, la montée en puissance d’une diplomatie parallèle. Les fils du Président apparaissent comme des intermédiaires officieux, voire des acteurs économiques engagés dans ces transactions, brouillant les frontières entre intérêts privés et fonctions publiques.
Un cocktail toxique : népotisme, clientélisme et dilapidation du patrimoine national
Cette double diplomatie non transparente inquiétante est un danger mortel pour la souveraineté malgache. Des informations issues des réseaux sociaux soulèvent des questions sur le rôle ambigu joué par des membres de la famille présidentielle dans cette diplomatie parallèle.
Le fils du Président serait-il intermédiaire, conseiller spécial ou acteur économique influent dans ces relations avec les EAU ? Si la délégation de missions de représentation ou de lobbying à des membre de la famille du President peut parfois faciliter des accords dans un contexte bilatéral stratégique, la gouvernance actuelle ne rassure pas.
Elle interroge sur la capacité réelle du régime à garantir que ces partenariats bénéficient équitablement à la majorité des Malgaches. Comment faire confiance à un système où des membres de la famille présidentielle semblent tirer profit de contrats et d’investissements étrangers sans aucun contrôle parlementaire ni médiatique ? Ce mélange explosif nourrit un clientélisme rampant, des conflits d’intérêts flagrants et des détournements potentiels de richesses publiques.
Les Malgaches doivent s’interroger : ces accords gigantesques avec les EAU, souvent vantés comme des promesses de développement, servent-ils réellement l’intérêt national ou enrichissent-ils une minorité proche du pouvoir ? Si l’emploi local, la redistribution des revenus et la préservation des terres ne sont pas strictement imposés et suivis, c’est tout le peuple malgache qui paiera la facture.
Un appel urgent à la mobilisation citoyenne et à la vigilance internationale
Il est temps que la société civile, les médias indépendants et les institutions démocratiques malgaches exigent la transparence et la reddition de comptes sur ces partenariats stratégiques. Le gouvernement doit cesser de confier les clés de la diplomatie et de l’économie du pays à une poignée d’intérêts privés liés à la famille présidentielle.
Sans un cadre clair, une gouvernance rigoureuse et un contrôle citoyen effectif, Madagascar risque d’être sacrifié sur l’autel des ambitions étrangères et des jeux de pouvoir internes, avec pour seule conséquence la paupérisation et la marginalisation de sa population.
Les Émirats arabes unis ne sont pas des bienfaiteurs désintéressés. Derrière la façade de la coopération et du développement se cache une stratégie d’influence et de domination à laquelle Madagascar doit impérativement résister, sous peine de perdre son avenir. Par exemple, il ne faut pas être naïf ; pour les EAU, l’accord-cadre avec Madagascar à travers la participation d’Elite Agro LLC, un grand groupe basé à Abu Dhabi, dans des projets agricoles s’inscrit dans leur vision de garantir à long terme une autosuffisance alimentaire via des fermes à l’étranger.





