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Le Journal de l'île Rouge
Economie

Madagascar assure la présidence de la SADC en 2025 : enjeux et perspectives

La gazette de la grande île
21/07/20253 minute read

Après plusieurs années de transition et d’instabilité, le pays avait finalement retrouvé sa place au sein de la SADC en 2014, sous Hery Rajaonarimampianina, à la suite d’élections reconnues par la communauté internationale. Depuis, Madagascar a progressivement renforcé son rôle au sein de l’organisation, jusqu’à se voir attribuer la présidence pour cette année 2025.

À la suite des dernières élections, critiquées sur le plan national, mais reconnues sur le plan international, la SADC a réaffirmé la légitimité institutionnelle du président Andry Rajoelina. Néanmoins, le souvenir de son arrivée au pouvoir en 2009, en rupture avec les standards démocratiques de l’organisation, demeure encore vivace dans certaines mémoires. À cela s’ajoutent des critiques persistantes sur sa gouvernance, notamment des accusations de dérives autoritaires, de corruption, et des tensions récurrentes avec l’opposition.

Ainsi, bien que doté d’une légitimité formelle, à partir du mois aout, le président Rajoelina aborde la présidence de la SADC avec un capital de confiance relatif. Il dispose aujourd’hui des attributs nécessaires pour exercer cette responsabilité, mais celle-ci s’accompagne d’attentes élevées de la part de ses pairs. Il devra faire preuve de mesure, de diplomatie et de vision régionale s’il souhaite convaincre durablement de sa capacité à incarner les valeurs de l’organisation. Car si sa nomination marque une forme de reconnaissance, sa présidence constituera un véritable test de crédibilité sur la scène régionale.

La Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) fait en effet face à de nombreux défis, à la fois structurels et conjoncturels, qui freinent la réalisation de ses objectifs d’intégration, de paix et de développement durable : lenteur de l’intégration économique, insécurité alimentaire, instabilités politiques, faiblesse de ses mécanismes de gouvernance et dépendance persistante à l’égard des financements extérieurs. À cela s’ajoutent les inégalités de développement entre États membres, l’accès limité à l’énergie et aux infrastructures, et le sous-emploi massif de la jeunesse.

Dans ce contexte, la présidence malgache pourrait jouer un rôle clé en impulsant une dynamique de réformes concrètes et inclusives. L’avenir nous le dira. Mais à Madagascar même, le bilan du président Rajoelina reste contrasté : diplomatie active, certes, mais gouvernance critiquée, manque de transparence, lenteur des réformes, et un climat politique tendu. Le style volontariste affiché peine souvent à se traduire en résultats concrets.

Pour Andry Rajoelina, l’exercice de la présidence de la SADC risque d’être moins un aboutissement qu’un véritable défi : transformer une reconnaissance politique en un leadership crédible, au service d’une organisation régionale en quête de renouveau.

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