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Le Journal de l'île Rouge
Société

Une trentaine de morts après l’événement d’Ambohimalaza : le silence du pouvoir, la colère du peuple

La gazette de la grande île
21/07/20254 minute read

Un mois après la tragédie d’Ambohimalaza, qui a coûté la vie à une trentaine de personnes, l’État malgache continue de se terrer dans un silence inquiétant. Aucune conférence de presse. Aucun rapport officiel. Aucune parole publique à la hauteur du drame. Face à l’émotion nationale, les autorités semblent incapables de répondre autrement que par l’opacité et la répression.

Il ne s’agit plus seulement d’une affaire sanitaire ou judiciaire. Nous sommes face à un test moral, un scandale politique — peut-être même un tournant dans le rapport entre gouvernants et citoyens.

Une tragédie, un flou, une colère

Le 14 juin, dans la commune d’Ambohimalaza, une fête d’anniversaire vire au cauchemar. Des dizaines de jeunes tombent malades après avoir consommé de la nourriture. Une trentaine en mourront, certains après plusieurs jours d’agonie. D’autres luttent encore pour survivre dans les hôpitaux.

Très vite, les autorités évoquent un « empoisonnement délibéré », sans jamais en démontrer la réalité. Quel poison ? Par quels moyens ? Quel mobile ? Qui sont les responsables ? Aucune réponse, seulement des communiqués laconiques et des fuites mal contrôlées.

Pire encore : les résultats des analyses toxicologiques, notamment celles envoyées en France, n’ont jamais été rendus publics. Ce silence n’est plus de la prudence. Il est une insulte à la mémoire des morts et à la douleur des vivants.

Une stratégie du silence… et de l’intimidation

Au lieu de faire preuve de transparence, le gouvernement a préféré se replier. Plutôt que de parler aux citoyens, il choisit de les faire taire. Des plaintes ont été déposées contre des internautes accusés de « propagation de rumeurs ». Certains responsables publics, loin d’apaiser, manipulent l’opinion avec des déclarations confuses ou orientées.

L’État agit comme si l’information était une menace. Comme si la vérité pouvait être étouffée à coups de menaces juridiques. Comme si les familles n’avaient pas le droit de demander des comptes.

Mais cette stratégie est dangereuse. Car à force de nier la gravité de ce drame, le pouvoir alimente la colère. Et cette colère monte.

Ce que le peuple réclame, ce n’est pas la pitié : c’est la vérité

Les familles demandent des choses simples, légitimes, profondément républicaines :

  • Une transparence totale sur les résultats des analyses, locales et internationales.
  • La mise en place d’une commission indépendante incluant médecins, juristes, journalistes et représentants des familles.
  • Une prise de parole claire du président de la République — non pas pour exprimer de vagues condoléances, mais pour répondre avec précision et responsabilité.
  • Si des fautes sont établies, des démissions immédiates doivent suivre.

Il ne s’agit pas de vengeance. Il s’agit de justice.

Le silence tue une seconde fois

Le silence de l’État n’est pas neutre. Il alimente les suspicions. Il ravive les douleurs. Il tue une seconde fois ceux qui ont déjà perdu la vie.

Il est encore temps pour le pouvoir de choisir la dignité plutôt que le déni. Mais le temps presse. Car le peuple, lui, a déjà choisi : « Nous ne nous tairons plus. »

Ce drame a révélé quelque chose de plus profond : une rupture de confiance, un rejet de l’indifférence, un appel à la responsabilité. Si les institutions ne répondent pas, alors ce sont les citoyens eux-mêmes qui porteront cette vérité.

Et s’il faut le dire clairement :
La vérité doit sortir. Ou le pouvoir doit partir.

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