Ce qui n’était qu’un bruit de couloir est devenu un scandale international ; la presse nationale et internationale en parlent toutes : cinq Boeing 777-200ER, seraient aujourd’hui intégrés à la flotte de Mahan Air, une compagnie iranienne sous sanctions américaines, ont transité par Madagascar sous des immatriculations provisoires délivrées par l’Aviation Civile Malgache (ACM). Une affaire explosive qui jette une lumière crue sur la dérive d’un régime de plus en plus assimilé à une entreprise de prédation, au service d’intérêts obscurs.
Comment une démocratie censée respecter ses engagements internationaux peut-elle devenir une plateforme de contournement des sanctions internationales ? Comment l’ACM a-t-elle pu accorder, en toute discrétion, ces certificats à des avions destinés à un acteur aussi sulfureux que Mahan Air – compagnie liée aux Gardiens de la Révolution islamique d’Iran, et sanctionnée pour son implication dans des activités terroristes ?
La réponse est simple, brutale et honteuse : la corruption institutionnalisée, érigée en mode de gouvernance.
Le masque tombe
Ce scandale ne doit rien au hasard. Rien ne se décide à l’échelle de l’État malgache sans la bénédiction tacite ou explicite du sommet. Le président Malagasy actuel, autoproclamé champion du développement, se révèle ici sous son vrai visage : celui d’un chef d’État sans morale, prêt à sacrifier la souveraineté de son pays, sa réputation internationale et même la sécurité régionale pour quelques valises de dollars.
Ce n’est pas une simple entorse administrative. C’est un acte grave de complicité avec un régime accusé de crimes de guerre, de répression sanglante et de soutien au terrorisme. En facilitant l’intégration de ces Boeing à la flotte iranienne, Madagascar est devenu – volontairement – un maillon de la chaîne logistique du terrorisme international.
Une lettre qui accable le pouvoir
Les faits sont désormais étayés par une correspondance officielle, publiée sur les réseaux sociaux. Le Directeur Général de l’ACM y répond à la tentative du Ministre des Transports de rejeter toute responsabilité. Il affirme noir sur blanc que les certificats d’immatriculation et de navigabilité ont été délivrés « suite à vos instructions », dans le cadre du dossier de la société UDAAN, introduite par le ministre lui-même.
Cette société, prétendument intéressée par une coopération avec Air Madagascar, n’était qu’une façade, un écran de fumée destiné à couvrir une opération de transfert d’avions à l’Iran, probablement pour Mahan Air.
Les certificats, valables uniquement pour un convoyage vers le Kenya, ont ensuite été falsifiés pour prolonger leur validité et dissimuler leur destination réelle : l’Iran.
L’alerte a été donnée par l’Aviation Civile du Cambodge. L’ACM affirme avoir porté plainte pour faux et usage de faux.
Mais là encore, l’odeur de manipulation politique est forte. Car tout au long du processus, le DG de l’ACM affirme avoir informé le ministre. Alors, pourquoi ce dernier fait-il mine aujourd’hui de découvrir l’affaire ? Pourquoi simuler une demande d’explication alors que les ordres venaient de lui ?
Une chaîne de responsabilités qui remonterait jusqu’au sommet
Ce scandale illustre à la perfection le mode de gouvernance Rajoelina : un pouvoir centralisé, opaque, gangrené par la corruption, qui utilise les institutions publiques comme écran à des opérations douteuses, au profit de régimes ou d’intérêts contraires à la stabilité internationale.
Ce n’est pas qu’un dysfonctionnement administratif. C’est un acte de trahison d’État. Un acte par lequel Madagascar a prêté son registre aérien – un outil de souveraineté – à une compagnie liée à une organisation terroriste.
Un impact désastreux pour Madagascar
Sur le plan diplomatique, les conséquences sont incalculables. Madagascar risque des représailles internationales. Une enquête indépendante est inévitable. Des sanctions ciblées contre des hauts responsables sont à prévoir. Et la réputation du pays, déjà fragile, est irrémédiablement entachée.
Sur le plan économique, les investisseurs internationaux fuiront un pays perçu comme mafieux et instable. Sur le plan intérieur, le peuple malgache, déjà victime d’un autoritarisme impuni, voit son avenir encore un peu plus compromis par un régime qui brade les intérêts de la nation au profit de deals clandestins.
Un régime sans foi ni loi
Ce scandale est une énième preuve que le régime Rajoelina n’a ni éthique, ni loyauté envers son peuple. Il est prêt à toutes les compromissions, même les plus dangereuses, pour entretenir son système de clientélisme, d’enrichissement personnel et de domination politique.
Ce n’est plus un gouvernement, c’est une entreprise mafieuse déguisée en République. Ce n’est plus un État de droit, c’est un appareil de prédation.
Il est urgent que la société civile, les médias libres, les magistrats intègres – s’il en reste – et la communauté internationale exigent des comptes. Il est temps de mettre fin à l’impunité de ceux qui souillent le nom de Madagascar pour servir leurs ambitions personnelles et leurs alliances troubles.
« Madagascar mérite mieux. Il est temps de dénoncer, de juger, et de faire tomber ce régime de banditisme d’État. »





