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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Téléphérique d’Antananarivo : l’effet « wouahou » face à la pauvreté

La gazette de la grande île
16/08/20253 minute read

1600 passagers en deux heures. Le téléphérique fraîchement inauguré à Antananarivo a frappé fort dès son lancement, séduisant une foule curieuse. Mission accomplie : l’attraction a ébloui. Mais derrière l’effet de nouveauté, se cache une autre réalité, beaucoup plus sombre.

Un projet colossal dans un pays pauvre

L’effet « wouahou » fonctionne — pour l’instant

Avec un coût estimé à 745 milliards d’ariary, ce téléphérique est présenté comme une prouesse technologique et un symbole de modernité pour la capitale. Pourtant, cette dépense interpelle dans un pays classé parmi les plus pauvres au monde, où l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux infrastructures de base reste un luxe pour des millions de Malgaches.

Les images de l’inauguration ont marqué les esprits. Même certains des premiers passagers, filmés en direct, n’ont pu s’empêcher de constater l’absurde contraste : « Ici en haut, nous contemplons la pauvreté en bas ».

Un miroir aux alouettes

L’effet « wouahou » fonctionne — pour l’instant. Le temps d’un trajet suspendu au-dessus d’Antananarivo, on oublie la saleté des rues, les routes défoncées et l’absence criante de services publics de qualité. Le téléphérique donne l’illusion d’un pas vers la modernité, mais ne règle en rien les problèmes structurels qui rongent la capitale : insalubrité, embouteillages chroniques, pauvreté galopante.

Plus inquiétant encore : cette infrastructure risque de se transformer en outil de distinction sociale, réservé aux privilégiés capables de se payer un ticket pour « contempler » la misère d’en haut.

Une dette pour demain

Au-delà du symbole, il reste la facture. Les 745 milliards d’ariary injectés dans ce projet constituent une dette que la population malgache devra rembourser, directement ou indirectement. Une charge qui pèsera sur plusieurs générations, alors même que les besoins prioritaires en santé, éducation et alimentation restent criants.

Quand l’effet de nouveauté s’effacera…

La grande question demeure : que se passera-t-il lorsque l’attrait initial du téléphérique s’estompera ? Continuera-t-il d’être utilisé comme un outil de transport efficace, ou sombrera-t-il dans la liste des éléphants blancs, ces projets coûteux qui brillent un temps avant de tomber en désuétude ?

Pour l’instant, l’éblouissement prend le dessus. Mais tôt ou tard, l’illusion s’estompera, laissant place à la dure réalité : celle d’un pays où les choix budgétaires privilégient les vitrines tape-à-l’œil au détriment des besoins essentiels du peuple.

Photo : VIDEO

Légende : L’effet « wouahou » fonctionne — pour l’instant

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