L’ouverture du téléphérique à Madagascar, un projet qui divise profondément l’opinion publique, n’a pas seulement fait parler pour ses enjeux techniques et budgétaires, mais aussi pour la mise en scène médiatique qui l’a accompagnée. Parmi les invités, on retrouvait Florent Pagny, ancien animateur de télévision reconverti, selon ses propres termes, en « influenceur » sur les réseaux sociaux.
Sur ses publications, Pagny affirme sans détours qu’il « se fiche de ce que pensent les gens ». Pour lui, l’essentiel n’est pas le débat public ni la légitimité du projet, mais bien la rémunération qu’il touche pour publier des contenus favorables au téléphérique. Son message est clair : il ne s’agit pas d’un engagement personnel, encore moins d’une conviction, mais d’un travail payé.
Or, peut-on vraiment parler d’« influenceur » dans ce cas ? L’influenceur est censé incarner une authenticité, un lien direct avec sa communauté, une opinion qui a du poids parce qu’elle est perçue comme sincère. Ici, Pagny ne fait que répéter un discours dicté, moyennant finances. En réalité, il n’influence personne : il est lui-même influencé par le cachet qu’il reçoit.
Cette situation renverse la logique : ceux qui refusent de monnayer leur opinion, qui gardent une distance critique vis-à-vis d’un projet jugé inutile et coûteux, apparaissent plus libres, plus influents même, car ils ne dépendent pas d’une rémunération pour exprimer leur position.
Florent Pagny se présente comme un « influenceur », mais il agit en simple relais, transformé en porte-voix d’intérêts politiques et financiers. Derrière l’étiquette, il n’y a ni leadership ni conviction, seulement une posture achetée. En fin de compte, la vraie influence appartient à ceux qui choisissent de ne pas se laisser influencer.
Florent Pagny : l’ influenceur ou influencer
La gazette de la grande île
22/08/2025•2 minute read

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