Depuis plusieurs semaines, la colère gronde dans les quartiers de Madagascar. Les coupures d’électricité interminables, l’inflation galopante, l’insécurité grandissante, la corruption endémique et le favoritisme institutionnalisé ont fini par pousser la population à manifester. Pourtant, pour Andry Rajoelina, ces contestations seraient une « atteinte à la sûreté de l’État ».
Mais qu’entend-il réellement par là ? Dans la logique du régime actuel, il ne s’agit pas de protéger l’État ou les citoyens contre une menace réelle. Non. Ce que Rajoelina qualifie de menace, c’est la population elle-même, lorsqu’elle ose réclamer ses droits fondamentaux. L’« atteinte à la sûreté de l’État », selon lui, c’est une foule de Malgaches excédés qui crient leur ras-le-bol.
Le résultat d’années de promesses creuses
Ces manifestations ne sont pas nées par hasard. Elles sont l’aboutissement d’années de promesses jamais tenues, de discours lénifiants sans lendemain et de mensonges répétés qui ont plongé le pays dans une crise socio-économique sans issue. On a promis des emplois, mais le chômage explose. On a promis des infrastructures modernes, mais les routes s’effondrent. On a promis la prospérité, mais les prix flambent et les familles s’appauvrissent. On a promis de l’électricité, mais les coupures se prolongent.
Aujourd’hui, les Malgaches ne veulent plus écouter une énième déclaration rassurante depuis un pupitre présidentiel. Ils exigent des actes, du concret, des solutions réelles.
Quand l’État devient une affaire personnelle
En réalité, si la sûreté de l’État est menacée, c’est bien parce que Rajoelina lui-même l’a fragilisée. En transformant les institutions en instruments de pouvoir personnel, en alimentant les inégalités par un système de favoritisme, en muselant l’opposition et en ignorant les souffrances quotidiennes de son peuple, il a fait de l’État une coquille vide.
Ainsi, lorsque la rue s’agite, ce n’est pas contre Madagascar que la colère se dresse, mais contre un régime qui a confisqué l’État pour ses propres intérêts.
Le pouvoir appartient au peuple
Le peuple malgache est à bout. La patience a des limites, et ces limites sont désormais franchies. La vraie menace pour la sûreté du pays n’est pas une population qui réclame justice et dignité. La véritable menace, c’est un dirigeant qui s’entête à gouverner par les promesses vides et l’autoritarisme.
L’heure n’est plus aux illusions. Le pouvoir appartient au peuple, et ce peuple a le droit – et même le devoir – de le reprendre.






