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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Quand un Etat réprime étudiants, professeurs, pharmaciens, …mais récompense les forces de l’ordre

La gazette de la grande île
01/10/20254 minute read

L’économie, c’est de l’énergie transformée, sans électricité, point de croissance ni de développement. Il est malheureux de voir qu’en l’an 2025, ère du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, le peuple malgache n’a même pas de quoi à boire ni de quoi pour se laver.

« Un gendarme tire sur un ingénieur »

On reste sans voix quand on voit des éléments des forces de l’ordre réprimés des étudiants polytechniciens et des normaliens, la fine fleur de l’intelligence d’une nation, considérée comme des voyous, violentée comme des bandits et emprisonnée comme des criminels, dans quel autre endroit de la terre a –t-on vu cela ? Un conseiller du président dénigrant les professeurs des hôpitaux de son propre pays, les traitant d’incompétents et les renvoyant à leurs chères études, dans quel autre endroit de la terre a –ton vu cela ? À Madagascar bien sûr, où l’État a choisi son camp, les béotiens aux dépens des cultivés, les ignares contre les diplômés et les voyous corrompus plutôt que les honnêtes gens, les grossiers, incompétents, thuriféraires préférés aux travailleurs, syndicats, docteurs et ingénieurs.

« Quand la jeunesse bouge, le pouvoir tangue »

Il est connu de tout temps que les mouvements populaires conduits par la jeunesse ont abouti dans la plupart des cas à un renversement des hiérarchies établies. Toute action conduite par la jeunesse est comme une roche déballant le long d’une pente, son mouvement est inévitable, « inarrêtable » et sa force emporte tout sur son passage, gouvernement, chef d’État, militaires, rien ni personne ne pourra l’arrêter. La seule question qui se pose, c’est le moment où il aboutira, car la fin est irrémédiable. Entre temps, dommages collatéraux, blessés et pertes humaines se multiplieront. Le plutôt sera alors le mieux.

« G.Z Vs D.J »

À l’heure d’internet et des réseaux sociaux, où tout se sait à la seconde près, la répression est le pire des choix que l’Etat doit faire. Chaque personne blessée, maltraitée et arrêtée est diffusée à la vitesse grand V. La jeune génération sait manipuler ces outils d’une puissance inégalée et met en sa faveur toute bavure et toute symphonie jouée par le « musicien ». Il est peut-être vrai que ce sont deux « trains » qui ne vont pas à la même « vitesse », réseau de neurones et réseau mafieux, algorithme et partition mortifère, tels sont les antagonismes face auxquels le peule malagasy doit composer.

« On récolte ce qu’on a semé »

Tout le monde connaît le proverbe « Ny tody tsy misy fa ny hatao no miverina », on récolte ce qu’on a semé, l’histoire à Madagascar se répète, ne parlons plus de crise, mais plutôt de mouvement perpétuel, un cercle vicieux d’où l’on ne sort jamais. À chaque nouveau souverain ou monarque, l’histoire se répète et reste la même. Promesse de progrès, « velirano » pour une meilleure gouvernance ou de lutte contre la corruption, mais la fin reste toujours la même. Quand on pense que le budget journalier alloué au déploiement des forces de l’ordre suffit à satisfaire les demandes de recrutement des normaliens, les indemnités journalières données aux gendarmes valent plus que le salaire mensuel d’un professeur des écoles, alors on peut dire que ce régime a vraiment choisi son camp, Hadès plutôt que Hébé.

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