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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Le poison du népotisme dans l’État et les grandes institutions

La gazette de la grande île
06/10/20253 minute read

À l’heure des derniers moments du pouvoir de Rajoelina, les malversations diverses sont mises à jour. Ce qui apparaissait comme des rumeurs ou des suspicions se révèle aujourd’hui à la lumière crue : une gestion de l’État et des grands organismes stratégiques gangrenée par le népotisme et la prédation.

À Madagascar comme ailleurs en Afrique, l’un des cancers les plus corrosifs de nos institutions s’appelle « népotisme ». Ce mal, silencieux, mais dévastateur, gangrène les rouages de l’État et s’étend jusque dans les grandes organisations régionales comme l’ASECNA, pourtant censées incarner rigueur et excellence.

Le népotisme, ce n’est pas seulement « placer son cousin, son ami, son beau-frère » à un poste clé. C’est surtout détruire l’idée même d’État et d’institution. Car quand un poste devient une faveur, la compétence disparaît, la responsabilité s’efface, et c’est la survie d’un clan qui prime sur l’intérêt général.

Dans des organismes aussi stratégiques que l’ASECNA – où la sécurité aérienne dépend de la compétence des hommes et des femmes – les conséquences ne sont pas qu’administratives : elles deviennent des risques pour la vie humaine. Comment peut-on imaginer qu’un secteur aussi vital soit confié à des personnes choisies non pour leur expertise, mais pour leur proximité avec le pouvoir ? 

Le népotisme engendre trois fléaux :

La médiocrité institutionnalisée : les meilleurs sont écartés, les carrières brisées, les talents fuient. 

Le clientélisme généralisé : chaque poste sert d’outil pour acheter une loyauté politique.

La perte de confiance : les citoyens ne croient plus aux institutions, et les partenaires internationaux s’en méfient. 

C’est ainsi que l’État devient une machine de prédation au lieu d’être un outil de développement. Les institutions, elles, se vident de leur mission première et se transforment en comptoirs au service de quelques-uns.

Tant que cette logique clanique primera sur la méritocratie, Madagascar restera prisonnier de ses propres chaînes. Il ne s’agit pas d’un débat technique ou d’une querelle de gouvernance, mais d’une question de survie nationale.

Car là où règne le népotisme, l’avenir est confisqué. Et dans un pays qui a désespérément besoin de compétences, de rigueur et de justice sociale, continuer à tolérer ce système revient à accepter le naufrage.

Des documents accusatoires appuient d’ores et déjà ces dires et feront la nécessité d’autres articles à venir.

Correspondance_DG_final Correspondance-SARTM-CIC (1)

Correspondance_DG_final

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