Parler du mandat de Andry Rajoelina, c’est dévoiler un système où l’État a été capturé par des parrains mafieux, où la démocratie a été muselée et où les richesses nationales ont été confisquées.
Les victimes de ce mandat sont innombrables : les citoyens ordinaires, une jeunesse sans avenir, les paysans ruinés, les familles brisées par la pauvreté. Le bilan est sans appel.
L’une des pratiques mafieuses est le muselage systématique de la presse. La condamnation injuste de Lola Rasoamaharo, patron de presse de La Gazette de la Grande Île, coupable d’avoir osé révéler la vérité sur les pratiques mafieuses du régime, restera un symbole. Cette affaire illustre la stratégie du pouvoir : réprimer les contre-pouvoirs, réduire au silence toute voix discordante et maintenir la peur comme mode de gouvernance.
L’autre pratique est celle de l’accaparement des secteurs stratégiques. Sous Rajoelina, les ressources stratégiques de Madagascar – mines, terres, infrastructures – ont été livrées aux mains de communautés étrangères et d’hommes d’affaires influents. Le régime dépend de ces parrains économiques, véritables tuteurs financiers, sans lesquels « le statut en argile du petit-fils de Gallieni » s’effondrerait.
Le diagnostic est alarmant, Madagascar est en urgence vitale, et son pronostic vital est engagé : la souveraineté nationale confisquée et un peuple spolié de ses richesses. De même, une génération n’a été autant sacrifiée par la destruction sociale et le viol psychologique de plusieurs générations. Près de 70 % des Malgaches vivent sous le seuil de pauvreté international (2,15 USD par jour). En zones rurales, la pauvreté atteint jusqu’à 85 % et dépasse 91 % dans le Sud frappé par les crises climatiques. Le taux d’emploi chute : seulement 54,9 % de la population active travaille, et 60 % d’entre eux survivent dans une agriculture de subsistance précaire.
Ce mandat a infligé au peuple un viol psychologique collectif par le maintien dans la peur, la dépendance et la résignation. L’éducation est sinistrée, la santé abandonnée, les jeunes sans horizon.
Le mandat de Rajoelina restera dans l’histoire comme un épisode sombre et machiavélique, car il a transformé l’État en machine à s’endetter, a appauvri et humilié son peuple déjà à terre, a bradé notre souveraineté nationale, et s’est enrichi sur la misère collective.
Les victimes des parrains, ce sont les Malgaches eux-mêmes. L’heure est venue de rompre avec la complicité et la peur. L’histoire ne se souviendra pas de ses privilèges, mais du courage d’un peuple qui aura choisi de dire assez.
Le temps du vrai peuple est arrivé !





