Derrière l’image lisse d’une école de formation en sécurité, la Madagascar Security Academy (MSA) agit aujourd’hui comme une véritable force d’appui aux gendarmes dans la répression violente des manifestations pacifiques. Malgré ses démentis à RFI, la MSA, propriété de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, participe directement aux opérations de maintien de l’ordre, armée et encadrée comme une unité militaire privée.
Une milice sous couverture de centre de formation
Officiellement, la MSA se présente comme un établissement de formation professionnelle en sécurité et en sûreté. En réalité, elle forme et déploie des agents surentraînés, suréquipés et capables d’opérations de terrain.
Des sources concordantes sur place rapportent que des véhicules de la MSA ont été vus aux côtés des gendarmes lors des dernières répressions à Antananarivo et dans d’autres villes du pays. Les agents, masqués et sans matricule, se mêlent aux forces de l’ordre, utilisent des armes modernes et précises, et dispersent les manifestants pacifiques avec une brutalité inédite.
Les témoins affirment avoir vu des hommes en tenue noire, casqués, parfois sans insigne officiel, tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur la foule. Plusieurs clichés circulent montrant un pick-up MSA stationné aux côtés de véhicules de gendarmerie pendant les opérations.
Une puissance de feu inquiétante
La MSA dispose d’un matériel bien supérieur à celui des forces armées malgaches :
armes automatiques dernier cri, équipements de vision nocturne, protections tactiques modernes, et véhicules rapides difficilement traçables.
Son arsenal témoigne d’un niveau d’équipement quasi militaire, sans aucun contrôle public ni mandat légal d’intervention.
Ces agents privés, censés n’être que des stagiaires en formation, agissent sur le terrain comme une unité d’élite parallèle, sans rendre de comptes à aucune autorité civile ni judiciaire.
C’est une dérive grave qui remet directement en cause le monopole légitime de la violence de l’État.
Des démentis peu crédibles
Face aux révélations de RFI et aux accusations des manifestants, la direction de la MSA a tenté de nier toute implication, parlant de « fausses informations ». Mais ces démentis ne tiennent pas : les preuves photographiques et les témoignages s’accumulent.
Le groupe Sodiat, dirigé par Mamy Ravatomanga, a beau inviter les journalistes à visiter les locaux, la réalité du terrain montre une tout autre image : celle d’une milice privée mise au service du pouvoir.
Une menace directe pour les libertés
L’implication de la MSA dans la répression constitue une menace directe pour les droits fondamentaux :
- le droit de manifester pacifiquement ;
- le droit à la sécurité ;
- le principe de transparence et de responsabilité des forces de l’ordre.
Quand une structure privée, financée par un puissant homme d’affaires proche du pouvoir, se mêle aux opérations policières, la frontière entre sécurité publique et milice privée disparaît.
C’est une atteinte grave à la démocratie et à l’État de droit à Madagascar.
Les faits parlent d’eux-mêmes
Les manifestants pacifiques sont désormais confrontés à des hommes masqués armés par la MSA, opérant avec la gendarmerie.
Les véhicules de la MSA circulent librement dans les zones bouclées.
Les violences augmentent.
Les autorités se taisent.
Pendant que le pouvoir nie, la MSA agit, main dans la main avec les forces de l’ordre, pour écraser toute contestation populaire.
Loin d’être une simple école, la MSA est devenue l’instrument privé de la répression à Madagascar.






