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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Lumière de la détresse : Le pervers narcissique, nouveau visage du pouvoir maçonnique en Afrique ?

La gazette de la grande île
10/10/20254 minute read

À l’ère des réseaux sociaux, de la surmédiatisation et du culte de soi, le monde semble avoir enfanté une nouvelle espèce dominante : le pervers narcissique. Présent dans les sphères intimes, professionnelles et politiques, il est devenu l’archétype de l’homme moderne, séduisant, manipulateur et destructeur. Derrière le sourire, l’emprise. Derrière les grands discours, la volonté de dominer.

Ce profil psychologique, qui semblait autrefois marginal, s’est aujourd’hui érigé en norme du pouvoir. Les dirigeants tyranniques, les élites corrompues, les jeunes générations défiant tout ordre moral et civique, tous partagent ce même ADN du “moi absolu”, du mensonge justifié et de la culpabilité projetée. L’époque a aboli les repères. L’éducation civique a été remplacée par la compétition. La sagesse a cédé la place à l’opportunisme. Et la technologie, qui devait rapprocher les hommes, a transformé la conscience en vitrine numérique. Dans cet univers où tout se mesure à la “visibilité”, le narcissisme n’est plus une pathologie, c’est un outil de survie. Le pervers narcissique devient alors le produit le plus abouti d’un monde en perte d’âme.

Sur ce terreau fertile s’est greffée une réalité, celle de l’influence tentaculaire des loges maçonniques dans les sphères politiques et économiques, notamment en Afrique et dans les pays pauvres. Les loges deviennent alors des bastions du pouvoir. Ce qui, à l’origine, se présentait comme une « quête de lumière », de « fraternité et de raison », s’est peu à peu transformé en système de cooptation et de domination. Dans plusieurs capitales africaines, Madagascar y compris, ces réseaux fermés ont perdu leur idéal philosophique pour devenir des clubs de pouvoir, de protection mutuelle et d’intérêts occultes. Les symboles lumineux se sont éteints sous les projecteurs du mensonge et du clientélisme. La “fraternité” s’est changée en “fraternalisme”, une hiérarchie de privilèges où la vérité n’est plus qu’un outil de manipulation. De là est né un nouvel archétype du pouvoir : le « maçon narcissique », mélange toxique de cynisme spirituel et de domination morale.

Dans la Grande Île, la perversion du pouvoir est souvent un héritage colonial travesti en modernité. Les élites se réclament de la “lumière”, mais leurs actions plongent le pays dans une nuit morale. Les jeunes, témoins de cette hypocrisie, rejettent toute autorité. Et le cercle infernal continue. Les dominés deviennent les prochains dominateurs, reproduisant le même modèle de manipulation, de trahison et de faux-semblant.

Pour briser ce cycle, il faut oser réhabiliter la morale, la vérité et la foi dans la dignité humaine. Les peuples africains n’ont pas besoin de maîtres cachés, mais de guides éclairés par la conscience, pas par la connivence. Il ne s’agit pas d’abolir les loges, mais de leur rappeler leur mission première : « l’élévation de l’homme, non sa soumission. »

Les loges maçonniques, si elles veulent vraiment continuer à prétendre œuvrer pour la lumière du monde, devraient commencer par nettoyer leurs cours respectives, afin de ne pas entacher davantage leur quête de positionnement lumineux mondial. D’autant que, selon plusieurs observateurs proches du milieu initiatique, les loges maçonniques malgaches traverseraient actuellement des vagues inédites : la plus grande d’entre elles serait en pleine scission parmi ses Grands Maîtres, signe probable d’une purge interne pour écarter les « tout-venants parvenus » qui ternissent l’image d’élite des Frères et Sœurs. « Car nul ne peut éclairer le monde lorsqu’il marche lui-même dans l’ombre. »

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