Alors que la crise s’enlise et que les soupçons de détournement massif de fonds publics s’intensifient, des vols suspects auraient quitté discrètement Madagascar. Depuis quelques heures, des informations persistantes font état de vols d’aéronefs suspects ayant quitté le territoire malgache sans autorisation formelle, ni plan de vol déposé auprès des autorités aéronautiques. Une situation d’une extrême gravité, surtout en période de crise nationale où chaque décollage non contrôlé peut dissimuler une fuite de capitaux, de dirigeants compromis ou de documents sensibles liés aux avoirs publics. Comment de tels appareils ont-ils pu s’arracher du tarmac d’Ivato sous les yeux de l’Asecna et de l’ACM ? Entre procédures bafouées, complicités politiques et népotisme administratif, la sécurité aérienne nationale semble avoir été délibérément désarmée.
Dans tout espace aérien régulé, aucun avion ne décolle sans plan de vol ni autorisation officielle. C’est la règle d’or de la sécurité aérienne internationale. Dès lors qu’un vol est sans traces, c’est une faille grave et volontaire. Or, plusieurs sources concordantes indiquent qu’à Ivato, ces règles auraient été volontairement contournées pour permettre à certains appareils liés au régime déchu de prendre la fuite vers des destinations inconnues, sans passer par le circuit normal de contrôle. Des vols « fantômes » qui interrogent : comment un avion sans clearance ni plan de vol peut-il quitter un aéroport international sans que l’ASECNA ne donne l’alerte ? La réponse dérange : des complicités internes au sein de la représentation malgache de l’ASECNA auraient facilité, voire couvert, ces départs.
La réglementation est claire. Sans plan de vol, le contrôleur aérien doit immédiatement alerter la Gendarmerie de l’aéroport pour immobiliser l’appareil. Si celle-ci reste inerte, le BANI (Base Aéronavale d’Ivato) doit intervenir en urgence pour bloquer tout décollage. Or, selon des témoignages internes, ni la gendarmerie ni le BANI n’auraient été saisis, preuve d’un blocage hiérarchique ou d’une volonté politique d’étouffer l’affaire. Les appareils ont alors décollé dans un silence total, sans contrôle, ni traçabilité, ni destination officielle.
Ces décollages illégaux ne sont pas de simples fautes techniques : ce sont des actes de sabotage de la sécurité nationale. Un avion sans autorisation constitue une menace grave, pouvant provoquer un accident aérien, violer un espace aérien étranger ou servir à la fuite de devises, d’or, de documents d’État, voire de personnes recherchées. Les instructions du contrôle aérien sont le dernier rempart de souveraineté d’un pays. Les ignorer revient à ouvrir le ciel malgache à la criminalité organisée.
Le Représentant actuel de l’ASECNA à Madagascar n’est pas un technicien issu du mérite, c’est une nomination parachutée, une source de collusion. Il aurait été imposé politiquement par le régime précédent sous couvert d’une manne économique de la famille qui évolue dans l’immobilier hôtelier, avec le soutien direct du Président du Sénat et du PCA du secteur aéronautique. Son entourage technique, recruté dans un flou administratif total, serait composé de proches et d’alliés politiques, nommés sans concours ni transparence. Ce réseau de fidèles expliquerait le silence complice qui a entouré ces vols suspects. Les contrôleurs et ingénieurs consciencieux, eux, auraient été mis à l’écart ou réduits au silence.
Les agents de l’ASECNA et de l’ACM sont aujourd’hui face à un devoir moral, celui de protéger les données de vol, de signaler tout plan suspect et de coopérer avec les autorités nationales pour empêcher la fuite des responsables impliqués. Leur engagement ne relève plus seulement d’un contrat de travail, mais d’une conscience et acte citoyens pour sauver la souveraineté nationale.
Les vols illégaux qui se sont produits récemment ne sont pas des erreurs isolées, ils sont le symptôme d’un système mafieux enraciné dans nos institutions. Le ciel malgache ne doit plus servir de couloir de fuite. Derrière les procédures violées, un duo politique, le PCA et le Président du Sénat, aurait utilisé l’ASECNA comme un outil de protection et d’exfiltration pour leurs pairs en fuite. Mais qu’ils le sachent, les radars de l’histoire n’oublient rien. Le ciel malgache appartient à la Nation, pas à une clique en déroute. Et les contrôleurs intègres, les gendarmes fidèles, les techniciens patriotes ont désormais un rôle clé : empêcher que Madagascar ne soit dépouillé une dernière fois par les airs.






