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Le Journal de l'île Rouge
Société

Au-Delà de la Destitution : Les Vraies Luttes Sont Plus Profondes

La gazette de la grande île
14/10/20253 minute read

La rue brûle. Depuis presque un mois, Madagascar manifeste. Le 11 octobre, une partie de l’armée rejoint les manifestants qui prennent le contrôle de la place centrale de la capitale. Les jeunes scandent des chants appelant à la démission d’Andry Rajoelina.

C’est légitime. Au moins 22 personnes sont mortes dans les manifestations contre les pénuries d’électricité et d’eau. Un gouvernement qui laisse le peuple crever de soif, c’est un gouvernement qui mérite de tomber.

Mais pendant que la Gen Z arrache le président des rues d’Antananarivo, il y a une autre urgence qui ne disparaîtra pas avec un changement au sommet.

Madagascar Brûle de L’Intérieur

120ᵉ sur 123 à l’Indice mondial de la faim. Un score de 35,8 qui signifie des enfants qui ne grandissent pas, des mères qui choisissent entre payer l’eau et nourrir leurs enfants, des paysans qui cultivent le riz pour l’exporter pendant qu’ils crèvent de faim.

Madagascar score 26/100 à l’Indice de Perception de la Corruption. 140ᵉ mondial sur 180. Cette gangrène ne commencera pas à guérir parce qu’on change le président.

Deux Combats, Pas Un Seul

Oui, destituer Rajoelina — si c’est vraiment ce que veut le peuple et si l’armée le soutient. Mais ce n’est que le début.

La vraie lutte, c’est nourrir le peuple affamé maintenant. Madagascar possède 2 millions de ménages riziculteurs. Les plaines peuvent générer 500 000 tonnes de paddy par an. L’île devrait être autosuffisante. Elle importe à la place — des devises qui fuient, des commissions qui gonflent, des enfants qui meurent de malnutrition.

Il faut des investissements immédiats : décortiqueuses, irrigation, engrais, semences, crédit agricole. Programmes d’alimentation scolaire. Appui direct aux ONG locales qui font du vrai travail.

La vraie lutte, c’est détruire le système de corruption qui perpétue la faim. Audit public des projets. Justice réelle — pas des condamnations symboliques. Reconstruction de l’État de droit. Restitution des ressources détournées vers la production alimentaire.

Ce n’est pas l’un OU l’autre. Ce sont les deux ET simultanément.

Le Piège Du Changement Cosmétique

L’histoire de Madagascar est semée de coups d’État, de changements de gouvernements, de nouveaux présidents promettant des réformes. Rien ne change, parce que le système reste intact. Les voleurs en costume changent juste de chaises.

Un nouveau président sans une révolution institutionnelle sera seulement un voleur différent qui pillera différemment.

Pas De Révolution Sans But

La rue a raison de se lever. Mais avant de changer le président, il faut savoir pourquoi. Ce n’est pas uniquement pour avoir un nouveau visage au sommet.

C’est pour que Madagascar se nourrisse elle-même. C’est pour que les enfants grandissent normalement. C’est pour que les paysans cultivent pour prospérer, pas pour survivre.

Les vraies luttes, ce sont : nourrir le peuple dès maintenant, et construire un État qui le servira demain au lieu de le piller.

Tout le reste n’est que du bruit.

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