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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Affaire Mamy Ravatomanga : un homme, un scandale, tout un système

La gazette de la grande île
25/10/20253 minute read

Le vrai procès, la mafia d’État, c’est celui de l’État malgache

L’affaire Mamy Ravatomanga, proche de l’ancien président Andry Rajoelina, n’est pas un simple feuilleton judiciaire. Elle révèle un malaise plus profond : celui d’un État gangrené par la confusion entre affaires privées et intérêt public. À Madagascar, la gouvernance d’ Andry Rajoelina s’apparente trop souvent à un système mafieux où se mêlent argent, pouvoir et silence institutionnel.

Derrière ce scandale, une question essentielle : qui dirige ? qui contrôle ? qui paie ?

Le cas Ravatomanga, miroir d’un système

Le dossier Ravatomanga illustre à lui seul un mode de fonctionnement devenu presque ordinaire sous le régime Rajoelina : un homme d’affaires tentaculaire, à la tête d’un empire économique – le groupe SODIAT, entre autres –, des liens politiques étroits, l’usage d’un vaste réseau au sein de la fonction publique, notamment dans la justice et les finances, et des flux d’argent transnationaux difficilement traçables.

Pendant ce temps, l’État reste fragile, la justice hésitante, et la voix du citoyen marginalisée.

Une double colère dans l’opinion

L’affaire Ravatomanga suscite une indignation grandissante à travers le pays.
D’abord, parce qu’un système s’est enraciné, fait de complicités, d’affaires obscures et d’opacité.
Ensuite, parce que les institutions censées veiller à la transparence – Banque centrale, Fonds souverain, justice – observent un silence assourdissant.

Les questions que tout citoyen se pose

Comment des sommes aussi importantes, transférées ou gelées à l’étranger, ont-elles pu circuler sans alerte ni enquête officielle ?
Si des fonds publics ont réellement transité vers Maurice ou d’autres juridictions via la Banque centrale de Madagascar ou le Fonds souverain, pourquoi aucune vérification publique n’a-t-elle été engagée ?
Et surtout, pourquoi le Premier ministre actuel ne commande-t-il pas un audit transparent de ces institutions pour éclairer l’opinion nationale ?

Le moment est venu de lancer une enquête indépendante et publique, condition indispensable pour restaurer la confiance du peuple dans ses institutions.

Diversion ou véritable justice ?

Beaucoup de Malgaches craignent que cette affaire ne soit qu’une diversion de plus : une manœuvre politique destinée à donner l’illusion d’une lutte contre la corruption, tandis que les véritables circuits de pouvoir et d’argent demeurent intouchables.

Tant que ces réseaux ne seront pas dévoilés, tant que les institutions ne seront pas auditées et réformées, le pays restera prisonnier du même cycle : quelques têtes tombent, mais le système survit.

Le moment de vérité

Si l’État ne se saisit pas pleinement de cette crise pour se réformer, la morale publique continuera de s’effriter.
Le peuple malgache mérite mieux qu’un spectacle judiciaire : il mérite la vérité, la transparence et la refondation de l’État.

Le temps est venu pour Madagascar de transformer le scandale en réforme.

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