Skip to content
Le Journal de l'île Rouge
Politique

La politique des terres brûlées : le dernier baroud des fidèles du régime déchu

La gazette de la grande île
29/10/20255 minute read

Alors que le nouveau régime transitoire tente de reconstruire un pays épuisé, les dernières troupes du pouvoir déchu semblent vouloir laisser derrière elles un champ de ruines. Cette troupe du dernier carré de SS adopte une stratégie bien connue des temps de guerre, celle de la politique des terres brûlées. Quand tout s’effondre, ils préfèrent voir le pays partir en cendres plutôt que d’accepter la transition.  Cette armée de l’ombre, menée par la dame d’étain, encore animée par le fantasme d’un chef disparu et prête à embraser la capitale pour lui plaire.

La politique des terres brûlées est une stratégie très ancienne, perfectionnée par les Russes et les Soviétiques au XIXᵉ et XXᵉ siècles. Son principe : détruire pour ne rien laisser à l’ennemi. Son coût : la souffrance des civils et la ruine des territoires. Déjà utilisée dans l’Antiquité par les Scythes (peuple d’Asie centrale) contre les armées de Darius Ier de Perse (vers 512 av. J.-C.). Les Scythes brûlaient leurs récoltes et villages pour affamer l’armée perse. Les Romains et les Chinois ont aussi employé cette tactique pour priver l’ennemi de ressources. L’exemple le plus célèbre est celui de la Russie impériale, considérée comme la grande utilisatrice historique de cette politique. En 1812, lorsque Napoléon envahit la Russie, les troupes russes appliquent la politique de la terre brûlée en se repliant : Moscou est incendiée, les villages, champs et réserves sont détruits, afin que les Français ne puissent rien utiliser. Autres cas célèbres, la Guerre de Sécession aux États-Unis en 1864. Le général William T. Sherman applique la “Marche vers la mer”, brûlant villes et voies ferrées du Sud. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique réutilise la stratégie contre l’armée allemande en 1941. Les Allemands l’appliquent aussi en se retirant de Norvège et de l’Europe de l’Est.

Ces derniers jours, incidents publics, gesticulations médiatiques et manœuvres troublantes se multiplient. Derrière ces actions ne se cachent pas seulement des nostalgies politiques. On distingue un effort organisé pour préserver des intérêts, protéger des réseaux et intimider les nouveaux responsables. Le but ? Créer un climat d’instabilité qui servira d’alibi pour l’échec de la transition. Autour de cette stratégie, des « meneuses » et des relais médiatiques semblent occuper la scène, des personnalités qui, par leur omniprésence et leurs provocations, cherchent à consolider une narrative de résistance et de loyauté. Leur démarche n’est pas seulement symbolique : elle vise à influencer l’opinion, mobiliser des soutiens et retarder toute mise au pas judiciaire ou administrative. Le danger est double. Sur le plan humain, la mise à feu symbolique, et parfois réelle, du débat public fragilise la paix civile et expose les populations locales à des violences et à des coupures d’accès aux services essentiels. Sur le plan institutionnel, ces manœuvres sapent la crédibilité de la transition et alourdissent la tâche des équipes chargées de remettre le pays sur pied. Cette armée fantôme est composée de fidèles irréductibles d’un ancien pouvoir, prêts à tout pour continuer à plaire à leur chef, même en exil. Elle est orchestrée par la machiavélique Rinah Rakotomanga qui brille par ses casseroles de corruption de haut niveau, dont les millions de dollars destinés pour la lutte de la pandémie Covid-19 et détournés par ses habilités de diablesse orangée. Elle ne défend plus un idéal, mais un héritage d’intérêts et d’impunités : sociétés publiques ruinées, affaires troubles restées sans suite, réseaux financiers opaques qui se réveillent au premier vent de changement. Cette nostalgie du pouvoir absolu la pousse à frôler la folie : elle allume des feux politiques dans les rues, espérant faire renaître un ordre disparu. Les signes de sa folie sont flagrants : une loyauté aveugle, un parfum de revanche, et une obsession maladive pour la scène qu’elle doit quitter.

Face à ces menaces, deux réponses s’imposent : la transparence et l’État de droit. Plutôt que la vengeance et la rhétorique incendiaire, la nation a besoin d’enquêtes indépendantes, d’audits publics clairs et d’un calendrier de réparations et de responsabilisation. Les citoyens réclament des faits établis, pas des rumeurs ; des procès équitables, pas des lynchages médiatiques. La politique des terres brûlées, qu’elle soit matérielle ou symbolique, finit toujours par consumer ceux qui l’allument. Le meilleur moyen d’éteindre ces feux n’est pas de les imiter, mais de les éclairer : piloter la transition avec honnêteté, rendre des comptes, et permettre à la justice et à la société civile de faire leur travail.

Le peuple, lui, observe. Il a compris que derrière les slogans de fidélité et les coups d’éclat, se cache surtout la peur de rendre des comptes. Et tôt ou tard, la justice, la vraie, rattrape ceux qui confondent service public et service personnel. L’histoire de Madagascar n’a plus besoin d’acteurs en quête de rédemption personnelle. Elle attend des bâtisseurs, pas des pyromanes. Et si dame Rakotomanga, encore animée par les feux d’un amour exilé, persiste à rejouer le théâtre du chaos, le peuple, lui, a déjà compris : la politique des terres brûlées n’est qu’un aveu de panique et de culpabilité.

Partager cette article
Articles connexes
Back To Top