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Le Journal de l'île Rouge
Gazetin'ny nosy

Madagascar et le monde : s’ouvrir sans dépendre, se réformer pour avancer.

La gazette de la grande île
01/11/20253 minute read

Madagascar est ouvert au monde, et s’ouvre de plus en plus. Bien gérée, cette ouverture est une force : elle permet d’attirer des partenaires, des idées, des technologies et des investissements essentiels à notre développement socio-économique. Mais elle ne doit en aucun cas se transformer en dépendance. Elle doit plutôt devenir une opportunité de créer de la valeur, de stimuler l’innovation et de bâtir un avenir commun pour le bien-être des Malagasy.

Alors que le pays traverse une période de transition politique, marquée par la volonté affichée de réformer en profondeur la gouvernance publique, cette ouverture internationale ne prendra tout son sens que si elle s’accompagne d’une transformation interne du système. Autrement dit, il faut avoir le courage d’enterrer définitivement les pratiques d’un système de rente, ces habitudes qui freinent l’initiative, découragent le mérite et enferment le pays dans un cercle d’immobilisme.

Les réformes à venir doivent encourager la compétition saine, la transparence et la performance. C’est à cette condition que les bonnes initiatives — publiques comme privées — pourront s’exprimer pleinement, que les talents malgaches seront reconnus et que le pays deviendra un partenaire crédible et respecté sur la scène internationale.

Le jeudi 30 octobre 2025, à Busan, en Corée du Sud, en marge du sommet de l’APEC, le président Donald Trump et le président Xi Jinping se sont rencontrés. Cette rencontre illustre l’importance du dialogue et du pragmatisme dans les relations internationales. Même entre puissances rivales, le dialogue reste possible. La Chine et les États-Unis, malgré leurs divergences, ont compris qu’une stabilité partagée vaut mieux qu’une confrontation permanente.

Pour Madagascar, la leçon est claire : le dialogue et l’équilibre doivent guider la politique étrangère, tout comme la bonne gouvernance doit guider la gestion interne. Coopérer avec tous, sans dépendre de personne ; construire des partenariats qui servent nos intérêts nationaux : énergie, infrastructures, innovation, agriculture durable, éducation.

Dans un monde en recomposition, la Grande Île a les atouts pour se positionner comme un pont entre l’Afrique, l’Asie et le monde occidental, à condition d’assainir son modèle de gouvernance et de miser sur la compétence, la rigueur et la responsabilité.

L’enjeu, aujourd’hui, n’est plus seulement diplomatique. Il est aussi moral et institutionnel : tourner la page d’un système de rente et ouvrir celle d’une République du mérite et des résultats, capable de transformer la rivalité des grandes puissances en véritables opportunités de développement durable et équitable pour le peuple malgache.

L’avenir nous dira si les autorités de la transition sauront écouter et initier une diplomatie d’équilibre au bénéfice des Malgaches, au-delà même des actions de reconnaissance de l’Union africaine.

Zaza Ramandimbiarison.

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