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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Le ballet des palets : Les nouveaux rapaces du palais, entre illusions et appétits politiques

La gazette de la grande île
03/11/20253 minute read

Les couloirs du palais présidentiel connaissent une agitation singulière. Les allées et venues se multiplient, comme un ballet bien réglé de politiciens sortis de leur long désert de « kéré ». Les nouveaux opportunistes de la dernière heure, des hommes de paille recyclés en porteurs de projets miracles, tous semblent animés d’un même souffle : celui de l’ambition politique, déguisée en promesse de reconstruction nationale.

Chacun se présente muni d’un dossier « révolutionnaire », d’une prétendue vision économique, d’un programme social « clé en main », mais qui, une fois le vernis retiré, ne révèle que du vent, du flou et de la poudre aux yeux. Car derrière ces propositions, il n’y a souvent ni concepteur authentique, ni promoteur réel, ni équipe technique capable de les exécuter. Juste des discours, calibrés pour séduire le pouvoir et s’acheter une place au banquet. Ce manège n’est pas nouveau. À chaque ère de changement de pouvoir, les mêmes figures réapparaissent, repeintes aux couleurs du moment, promettant de redresser ce qu’elles ont contribué à faire tomber. Ce qui est inquiétant, c’est la facilité avec laquelle ces profils parviennent encore à graviter autour du centre décisionnel, exploitant la bonne foi ou la précipitation des autorités à composer une équipe inclusive.

Les risques sont multiples pour le pays et surtout pour l’espoir nourri d’un renouveau : risque de détournement de la mission de refondation au profit de calculs politiciens, risque de paralysie institutionnelle, car les postes clés risquent d’être confiés à des hommes sans compétence réelle, mais rompus à l’art de la rhétorique, risque de discrédit moral si les mêmes visages d’un système d’opportunistes reviennent hanter les institutions censées incarner le renouveau.

Le Président de la Refondation épaulé ses quatre Hauts Conseils devront, dès lors, redoubler de vigilance. Son principal défi ne sera pas seulement de choisir des techniciens compétents, mais d’écarter les illusionnistes de la politique, ceux qui excellent à manipuler les apparences, à promettre des financements imaginaires ou à se draper dans le langage du changement pour mieux obtenir leurs privilèges. Les mesures s’imposent. Le Palais présidentiel doit instaurer un comité d’évaluation des profils, imposer une traçabilité claire des projets soumis, et privilégier la méritocratie à la loyauté de façade. Car le temps n’est plus aux nominations d’agrément, mais à la construction d’une équipe solide, désintéressée et tournée vers la refondation réelle du pays.

La transition malgache a besoin d’un cap, pas d’un cirque. Elle a besoin d’hommes et de femmes d’action, pas de prêcheurs d’illusions. En somme, les rapaces et vautours n’ont pas disparu… ils ont juste changé de costumes, de couleur, de plumage et de pas de danse, d’un ballet des assoiffés du palet !

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