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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Après Ravatomanga, l’heure de vérité pour Andry Rajoelina

La gazette de la grande île
29/11/20252 minute read
Pendant quinze ans, Rajoelina a été le garant institutionnel d’un modèle fondé sur les trafics, les passe-droits et la prédation des ressources nationales — un modèle dont Ravatomanga n’était que le visage le plus visible.

L’arrestation de Mamy Ravatomanga à Maurice a fait l’effet d’une déflagration. Mais arrêter le financier sans interroger le politique serait une erreur historique. Car si Ravatomanga était la puissance de l’ombre, Andry Rajoelina en était la façade officielle, l’instrument indispensable.

Depuis 2009, ce coup d’État qui a fracturé Madagascar, Rajoelina a construit sa carrière dans l’ombre d’un système où le pouvoir politique et l’argent des réseaux privés marchaient main dans la main. Pendant quinze ans, il a été le garant institutionnel d’un modèle fondé sur les trafics, les passe-droits et la prédation des ressources nationales — un modèle dont Ravatomanga n’était que le visage le plus visible.

Aujourd’hui, le “parrain” est neutralisé.
Il reste le président.

Il est temps d’arrêter de traiter Rajoelina comme un simple figurant.
C’est sous son autorité que les marchés ont été attribués, que les forêts ont été pillées, que les circuits économiques parallèles ont prospéré. Sans lui, le système n’aurait pas tenu. Sans sa signature, rien n’avançait.

Rajoelina aimait se présenter comme un bâtisseur.
L’histoire retiendra peut-être qu’il était surtout le pivot d’un réseau qui a vidé Madagascar de ses richesses.

La justice a fait tomber le financier.
Elle doit maintenant regarder en face le politique.
Parce qu’un pays ne peut pas tourner la page tant que son principal acteur reste hors cadre.

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