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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Quand les logos gouvernent l’université … YAS ? NEINNNNNNN !

La gazette de la grande île
19/12/20253 minute read

Il n’y a plus de doute : certains campus malgaches ne sont plus des lieux de savoir. Ce sont des territoires occupés. Occupés par des bâches, des kakemonos, des PLV d’opérateurs de télécommunication qui s’installent avec l’arrogance de ceux qui savent qu’on ne leur dira rien. Parce que quelqu’un, quelque part, a ouvert la porte. Et cette porte n’est pas celle des étudiants.

Soyons honnêtes : une marque ne déploie pas son arsenal marketing dans une université publique par hasard. Elle ne s’y installe pas par naïveté. Elle ne s’y impose pas par erreur administrative. Elle s’y installe parce que le système l’y autorise, ou ferme les yeux. Alors posons les mots qui dérangent. Qui a vendu le campus ? Qui a signé ? Qui a encaissé ? Qui se tait ? Car l’Université d’Antananarivo n’est pas un espace neutre abandonné à l’anarchie. Elle est régie par des conseils d’administration, des règlements, des procédures. Quand une entreprise privée y plante ses drapeaux commerciaux, cela signifie une chose : la gouvernance est soit complice, soit corrompue, soit totalement hors de contrôle. Et qu’on ne nous serve pas la fable du “partenariat pour les étudiants”. C’est l’argument paresseux des systèmes pourris. Un partenariat, ça se débat, ça se vote, ça se publie, ça se contrôle. Ici, on voit des logos, pas des délibérations. Des affiches, pas des procès-verbaux. Des marques partout, mais aucune transparence nulle part.

À quel moment avons-nous décidé que l’université malgache pouvait devenir un panneau publicitaire géant ? À quel moment avons-nous accepté que l’esprit critique cohabite avec la propagande commerciale ? À quel moment le Conseil d’administration a-t-il cessé d’être un organe académique pour devenir un guichet d’autorisations obscures ? Le plus grave n’est même pas la présence de la marque. Le plus grave, c’est le silence organisé. Le silence du Rectorat. Le silence du ministère. Le silence des autorités de contrôle. Un silence qui pue la compromission. Car quand tout le monde se tait, ce n’est plus une négligence. C’est un système. Et ce système dit une chose aux étudiants : le savoir se sponsorise, l’université se loue et les principes s’effacent contre des avantages dont personne ne connaît la nature. Pendant ce temps, aucune zone de Wifi pour les étudiants.

Aujourd’hui, une télécommunication. Demain, un parti politique. Après-demain, des intérêts étrangers. Et toujours la même question qui restera sans réponse : qui protège l’université du marché ? À ce stade, une inspection n’est plus une option. Un audit n’est plus un luxe. Une enquête administrative n’est plus un excès. C’est une urgence. Parce que quand un campus devient une zone de non-droit commercial, ce n’est pas seulement l’université qui est trahie. C’est la République qui est humiliée.

Et qu’on se le dise clairement : si personne ne répond aujourd’hui, c’est que quelqu’un a peur de ce que l’on pourrait découvrir… demain.

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