La levée de l’immunité parlementaire de la députée élue à Fianarantsoa I, Marie Michelle Sahondrarimalala, pour permettre à la Justice de mener des enquêtes, soulève de lourdes questions qui dépassent désormais le seul cadre judiciaire. Elle interpelle directement sur la crédibilité, l’intégrité et la transparence de ceux qui prétendent diriger et représenter la Nation.
Face à cette situation, nous appelons sans détour le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Ministère de la Justice, ainsi que toutes les autorités concernées, à procéder immédiatement à la vérification de l’authenticité des diplômes universitaires figurant dans le curriculum vitae de Mme Marie Michelle Sahondrarimalala.
Le CV largement diffusé de cette élue fait état de plusieurs diplômes universitaires. Pourtant, ses interventions publiques, ses prises de position lors des débats officiels et ses argumentations médiatiques laissent apparaître de graves incohérences, un manque manifeste de maîtrise des dossiers et une pauvreté argumentative difficilement compatibles avec le niveau académique qu’elle revendique.
Cette contradiction alimente un doute sérieux dans l’opinion publique et renforce les soupçons selon lesquels elle pourrait faire partie des bénéficiaires de ce que l’on appelle communément des « diplômes tsinjo », c’est-à-dire des titres universitaires octroyés illicitement, en violation flagrante des règles académiques et de l’éthique universitaire.
Il ne s’agit pas ici de rumeurs anodines. Si de tels faits venaient à être confirmés, ils constitueraient une atteinte grave à la crédibilité de l’enseignement supérieur malgache, une insulte aux étudiants honnêtes et un mépris pour les citoyens qui exigent des dirigeants compétents et légitimes.
La vérification des diplômes des responsables publics n’est ni une vengeance politique ni une chasse aux sorcières. C’est une exigence minimale de bonne gouvernance. Lorsque des doutes sérieux existent, l’État a le devoir d’agir, de contrôler et de rendre publics les résultats.
Le silence des autorités face à ces interrogations ne ferait qu’alimenter la suspicion et renforcer le sentiment d’impunité. À l’inverse, une vérification claire, transparente et assumée permettrait soit de rétablir la vérité, soit d’engager les responsabilités prévues par la loi.






