Lors de son intervention sur les chaînes nationales, le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a fait le point sur l’état d’avancement des travaux de réhabilitation routière engagés à travers le pays, notamment sur des axes stratégiques comme la RN2 et la RN7. Un constat sévère a été dressé concernant cette dernière, artère vitale pour l’économie nationale et la circulation interrégionale.
Selon le chef du gouvernement, les deux entreprises attributaires des travaux sur la RN7 n’ont réalisé que 11 % et 12 % des travaux prévus, malgré le lancement officiel des chantiers. Des travaux interrompus sans justification convaincante, aggravant l’état de la route avec l’arrivée des pluies. « Des chantiers ont été lancés puis arrêtés, détériorant davantage la situation », a souligné le Premier ministre.
Face à ces manquements, des instructions ont été données au ministère des Travaux publics pour renforcer le suivi des entreprises titulaires des marchés. Toutefois, au regard de l’ampleur des défaillances constatées, une question s’impose : le temps du simple suivi n’est-il pas dépassé ?
Magic, symbole d’un système à bout de souffle
Dans l’opinion publique et parmi les usagers de la route, le nom de l’entreprise Magic revient régulièrement. Cette société est souvent citée comme ayant bénéficié de favoritisme par le passé, notamment sous l’ancienne administration régionale dirigée par l’ex-gouverneur Hery Rasoamaromaka. Plusieurs chantiers réalisés par Magic se sont détériorés quelques semaines seulement après leur réception, selon des constats répétés sur le terrain.
Sans préjuger des responsabilités judiciaires, ces éléments soulèvent de sérieuses interrogations sur les critères d’attribution des marchés publics et sur l’efficacité des mécanismes de contrôle technique et financier.
Fonds publics : des comptes à rendre
Les entreprises concernées, dont Magic, ont déjà perçu des fonds publics dans le cadre de ces marchés. Or, avec des taux d’exécution aussi faibles, la question de l’utilisation réelle de ces ressources se pose avec acuité : où est passé l’argent déjà décaissé ?
Quels contrôles ont été exercés avant le paiement ?
Pourquoi les pénalités prévues par les contrats ne sont-elles pas systématiquement appliquées ?
Les conséquences de ces retards sont lourdes : routes impraticables, accidents, hausse des coûts de transport, isolement des régions productrices et perte de confiance des citoyens envers les institutions.
Appliquer la loi, sans exception
Les manquements contractuels répétés ne peuvent plus être tolérés. La loi prévoit des sanctions claires en cas de non-respect des engagements : pénalités financières, résiliation de contrats, exclusion des marchés publics, voire poursuites judiciaires si des infractions sont avérées.
Le dossier de la RN7, avec le cas emblématique de Magic, constitue un test décisif pour la volonté affichée par les autorités de rompre avec les pratiques du passé. Les entreprises doivent rendre des comptes. L’État, lui, doit faire respecter la loi, sans complaisance ni protection.






