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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Marchés publics : quand les masques tombent, à quand le tour de Brigitte Razaka ?

La gazette de la grande île
15/01/20263 minute read

À Madagascar, les lignes commencent à bouger dans l’univers longtemps opaque des marchés publics. Lentement, mais sûrement, certains visages autrefois intouchables se retrouvent aujourd’hui rattrapés par la justice. Une dynamique qui soulève une question brûlante : jusqu’où ira réellement la lutte contre l’impunité ?

Les récents développements autour de plusieurs dossiers explosifs montrent que le système, longtemps verrouillé, se fissure de l’intérieur. Après Tsiky Ramanankavana, ancienne Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP) auprès de la Présidence, ayant attribué de manière systématique des marchés de construction routière et d’infrastructures à l’entreprise de son mari, Tojo Ranaivo, la justice a franchi un nouveau cap.

Un mandat d’arrêt a en effet été lancé contre Lalasoa, ex-PRMP de la région Analamanga, ainsi que contre l’ancien gouverneur de cette même région, Hery Rasoamaromaka. Le dossier est lourd : l’entreprise ayant construit les bâtiments du Lake Village à Ivato affirme n’avoir reçu aucun paiement depuis trois ans. Pourtant, selon les éléments communiqués par le Trésor public, les fonds auraient bel et bien été débloqués. Où est donc passé l’argent ?

Résultat : l’ancienne PRMP est aujourd’hui détenue à Antanimora, tandis que Hery Rasoamaromaka a pris la fuite à l’étranger, échappant pour l’instant aux poursuites.

Mais ces révélations ne seraient que la partie émergée de l’iceberg.

Un autre nom revient avec insistance dans les cercles politiques et médiatiques : Brigitte Razaka. Son entreprise a bénéficié d’un marché colossal portant sur la construction de 1 000 habitations à travers Madagascar. Des milliards d’ariary ont déjà été décaissés, alors qu’à ce jour, aucune habitation n’a été livrée, ni même visiblement entamée.

Toujours selon les mêmes sources, l’attribution de ce marché est intervenue sous l’égide de l’ancien secrétaire d’État chargé des Nouvelles Villes, Gérard Andriamanohisoa, avec l’aval du président Andry Rajoelina.

Ce dossier soulève d’autant plus de questions qu’il s’inscrit dans un contexte trouble : en 2023, Brigitte Razaka a, en contrepartie, contribué au montage d’un dossier falsifié visant à porter plainte contre Lola Rasoamaharo, dans une tentative manifeste de faire taire La Gazette de la Grande Île, connu pour ses enquêtes dérangeantes.

Il ne s’agit plus uniquement de favoritisme, mais de dilapidation massive de fonds publics, au détriment de milliers de Malgaches toujours privés de logements décents.

Aujourd’hui, alors que les autorités judiciaires affichent une volonté de rétablir l’État de droit, l’opinion publique attend des actes, pas des discours.
Si certains tombent et d’autres s’enfuient, la justice ne peut rester sélective.

La question est désormais posée ouvertement :

Brigitte Razaka sera-t-elle la prochaine à faire l’objet d’une enquête approfondie ?
Ou bien la lutte contre la corruption s’arrêtera-t-elle aux seconds rôles, épargnant les réseaux les mieux protégés ?

Dans un pays assoiffé de justice et de transparence, le silence n’est plus une option. Les masques tombent. Reste à savoir qui osera aller jusqu’au bout.

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