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Le Journal de l'île Rouge
Société

Saison des pluies, cyclones et assainissement : le retour des « abonnés sinistrés »

La gazette de la grande île
15/01/20262 minute read

Est-ce un rêve d’avoir un Madagascar propre ? La saison des pluies vient à peine de commencer qu’elle a déjà fait des ravages, avec son lot de pertes humaines et comme à l’accoutumée, de dégâts matériels. À la moindre goutte de pluie, nous redevenons des « abonnés sinistrés ».

En ville, faute d’un système d’assainissement fonctionnel, de vidange régulière des poubelles et de curage des canaux d’évacuation, les eaux montent et envahissent les maisons. Les habitants des zones basses sont, une fois de plus, les premières victimes. Selon la Banque mondiale, seulement 7,5 % de la population urbaine de Madagascar a accès à un système d’assainissement amélioré, ce qui aggrave les risques d’inondation et de propagation de maladies hydriques.

À ces problèmes structurels s’ajoutent les conséquences d’une urbanisation anarchique. Les permis de construction obtenus par des pots de vins et les remblais illicites bloquent la circulation naturelle des eaux. D’après une étude de la Direction Générale de la Météorologie et de l’ONU Environnement, environ 60 % des inondations en milieu urbain à Madagascar sont accentuées par une mauvaise gestion des sols et un développement immobilier non régulé.

Les routes, déjà en piteux état, se transforment en véritables parcours du combattant. Les trajets et l’acheminement des vivres prennent plus de temps, entraînant inévitablement une hausse des prix. Le Programme Alimentaire Mondial souligne que les coupures routières dues aux intempéries peuvent faire augmenter le prix des denrées de base jusqu’à 20 % dans les zones isolées. Le transport devient alors un luxe que seuls les plus aisés peuvent s’offrir.

Assainissement et aménagement du territoire vont de pair. Pourquoi attendre les sinistres pour chercher des solutions durables, plutôt que de se contenter de mesures tiptop ? Nous sommes en période de « refondation », le peuple est réveillé… et attend des résultats concrets.

Alors que la saison des cyclones s’étend habituellement de novembre à avril, avec en moyenne 3 à 4 cyclones touchant Madagascar chaque année (source : BNGRC), il est urgent d’agir en amont.

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