Selon des informations concordantes issues de sources fiables, Naina Andriantsitohaina, ancien ministre et ancien maire d’Antananarivo, a été aperçu à Paris cette semaine.
Une information qui interroge, alors que l’intéressé fait l’objet, depuis novembre 2025, d’une interdiction de sortie du territoire (IST) dans le cadre de plusieurs dossiers sensibles.
Cette présence à l’étranger pose une nouvelle fois la question de l’efficacité réelle des mesures judiciaires censées restreindre les déplacements des personnes mises en cause dans des affaires de fonds publics.
Naina Andriantsitohaina est cité dans plusieurs affaires de détournement de fonds publics, notamment en lien avec la CNaPS et la SMGD, pour des montants évoqués à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’ariary.
Parallèlement, Brigitte Razaka, marionette de Rajoelina, Naina et Mamy Ravatomanga, a également disparu depuis la chute du pouvoir. Elle fait face à plusieurs affaires au tribunal, notamment pour détournement de biens publics, falsification de documents et vol de terrains, et son absence soulève de nombreuses interrogations sur le suivi des dossiers judiciaires pour les figures politiques.
IST, frontières et justice à deux vitesses ?
Le point le plus préoccupant reste ailleurs :
Comment une personne censée être sous IST peut-elle se retrouver hors du territoire national ?
Cette question n’est pas nouvelle. Elle renforce l’image corrompue de la Justice à Madagascar, confirmant que les interdictions judiciaires peuvent devenir purement symboliques lorsque l’accusé dispose de moyens financiers, de réseaux ou de protections.
Pour le citoyen lambda, l’IST est une barrière infranchissable.
Pour certains profils politiques ou économiques, comme Naina Andriantsitohaina, elle n’est qu’un simple détail administratif.
Institutions affaiblies, confiance érodée
La présence de Naina Andriantsitohaina à Paris met une nouvelle fois en lumière :
- la fragilité du système judiciaire malgache,
- la porosité des contrôles aux frontières,
- et surtout, la perte de crédibilité des décisions de justice aux yeux de la population.
Ce type de situation alimente un sentiment dangereux : celui d’une justice à deux vitesses, où les puissants voyagent librement pendant que les dossiers s’enlisent.
Silence et devoir de transparence
Le silence institutionnel face à de telles allégations ne fait qu’aggraver le doute.
Les autorités judiciaires, tout comme les personnes mises en cause, ont le devoir de s’exprimer pour rétablir les faits, clarifier la situation et préserver ce qu’il reste de confiance publique. Sinon, tout confirme que Naina a payé tout le monde pour pouvoir s’enfuir si loin.






