La tenue des Assises Nationales pour la Relance Économique est un signal fort pour la refondation de la République. Un signal que Madagascar souhaite passer de l’urgence à l’action, et de la réflexion à la décision.
Aujourd’hui, notre pays n’a pas besoin de diagnostics supplémentaires. Il a besoin de mesures concrètes, visibles, mesurables et rapides. Madagascar ne manque pas d’idées.
Madagascar manque de décisions. Et surtout, de décisions rapides.
Sur le terrain, les entrepreneurs sont prêts. Les jeunes sont prêts. Les projets sont prêts. Ce qui manque, ce sont des procédures simples, des règles stables et des décisions qui tombent à temps.
Relancer l’économie n’est pas compliqué.
- Simplifier et sécuriser l’environnement des affaires.
- Financer l’économie réelle, en facilitant l’accès au financement productif, plutôt que de financer la rente.
- Payer ce que l’État doit : le règlement rapide des dettes de l’État peut relancer immédiatement l’investissement et rétablir la confiance.
- Produire localement, en s’engageant stratégiquement dans les secteurs à fort potentiel pour Madagascar : agro-industrie, textile, énergies renouvelables, BTP, tourisme et numérique.
Dans ces secteurs, la priorité est claire : 1. Transformer localement,2. Créer de la valeur sur place, et 3. Renforcer la compétitivité nationale.
Ces actions doivent être assumées, hiérarchisées et suivies d’effets.
Le secteur privé est prêt à investir, à innover et à créer des emplois. Mais il a besoin de stabilité, de sécurité juridique et de cohérence dans les politiques publiques.
Dans cet esprit, le futur Pacte de relance État–Secteur privé, un “ futur contrat politique” s’il voit le jour, devrait traduire un engagement mutuel, responsable et durable, fondé sur des engagements clairs, des objectifs mesurables et une évaluation transparente, avec une redevabilité réelle.
Mieux vaut une décision imparfaite aujourd’hui qu’une décision parfaite trop tard.
La relance ne se mesure pas aux discours, mais aux usines qui ouvrent, aux emplois qui naissent et à la capacité de l’État à décider et à faire appliquer ses décisions.
La refondation économique commence par le courage politique. Et ce courage doit s’exprimer maintenant.





