Sous l’ère Rajoelina, l’honneur suprême de la nation a été bradé. Transformée en récompense pour services politiques rendus, la plus haute distinction malagasy a perdu toute sa valeur. Il est temps de laver cet affront.
Une distribution en série et scandaleuse
Regardez la liste. Mamy Ravatomanga (Grand-Croix, 2020), Richard Ravalomanana (Grand-Croix, 2021), Michelle Sahondrarimalala (Commandeur)… Des noms qui résonnent moins comme des héros nationaux que comme des piliers d’un système. Ces grades ont été distribués comme des bonbons, non pour récompenser le mérite, mais pour acheter la loyauté ou récompenser l’appui au pouvoir.
Le constat est accablant : cette distribution massive coïncide avec la consolidation d’un régime né d’une crise. Beaucoup de ces décorés étaient des soutiens de la première heure en 2009. L’Ordre national est devenu la carte de fidélité du cercle Rajoelina.
Des récipiendaires sous le coup de la justice ou en fuite
Aujourd’hui, le masque tombe. Plusieurs de ces « grands commendateurs » sont poursuivis par la justice. Ravalomanana, Sahondrarimalala, Ravatomanga… Ils font face à des procédures judiciaires sérieuses. Peut-on sérieusement laisser à des personnes accusées de graves délits les plus hautes distinctions du pays ?
Pire encore : Lalatiana Andriatongarivo, elle aussi faite Commandeur, est sous le coup d’une Interdiction de Sortie du Territoire (IST). Comme Andry Rajoelina lui-même, elle a pourtant quitté le pays. Comment expliquer que ceux qui semblent fuir la justice portent encore nos honneurs nationaux ?
Il faut annuler, purement et simplement
Les circonstances de ces nominations les rendent illégitimes. Le contexte actuel de refondation nationale les rend insupportables.
Nous ne demandons pas une révision, mais une annulation. Ces grades, octroyés dans un esprit de clan et non de nation, doivent être retirés. Immédiatement. Il ne s’agit pas de politique, mais de principe. Un pays qui se respecte ne peut laisser ses plus hauts symboles être détenus par ceux qui sont accusés de l’avoir trahi ou affaibli.
L’État malagasy doit lancer sans délai une procédure exceptionnelle pour révoquer ces distinctions indument attribuées. C’est une question de cohérence, et de dignité nationale retrouvée.
L’honneur de Madagascar ne se monnaie pas. Il se mérite. Il est temps de reprendre ce qui a été donné à tort






