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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Croque-mort politique : La grande faucheuse politique

La gazette de la grande île
26/01/20262 minute read

Il y a des coïncidences qui fatiguent l’intelligence. Et puis il y a celles qui l’insultent. Dans un grand parti politique, les morts se succèdent. Brutales. Rapprochées. Silencieuses. Et un détail, toujours le même revient comme un refrain interdit. Tous les disparus ont, à un moment donné, fait de l’ombre à l’interne. Pas des figurants. Pas des silhouettes. Des voix. Des poids. Des alternatives. On nous demandera ne pas “politiser la mort”. Mais en politique, la mort n’est jamais neutre quand elle élimine toujours le même profil.

Ce n’est pas la disparition qui choque le plus, la vie est fragile, c’est la constance du schéma : des figures internes montantes, des personnalités qui dérangent les équilibres, des hommes et des femmes qui n’étaient pas corruptibles, et soudain… plus rien. Pas d’explication convaincante. Pas d’enquête visible. Pas même un malaise assumé. Seulement le grand rideau du silence, tiré avec la discipline d’un appareil qui sait survivre à tout, surtout à la vérité. On voudrait nous faire croire à la fatalité biologique, à la malchance statistique, au stress, au hasard. Mais le hasard devient suspect quand il choisit toujours les mêmes cibles : celles qui faisaient de l’ombre. Dans un parti sain, l’ombre est un débat. Dans un parti malade, l’ombre devient une menace. Et quand les morts s’accumulent sans que personne ne demande publiquement : “Que s’est-il passé ?”, ce n’est plus seulement un problème moral. C’est un problème politique majeur. Car ce qui tue un parti, ce n’est pas la disparition de ses membres, c’est l’acceptation collective que certaines ambitions doivent se taire, même après la mort.

On nous demandera ne pas “politiser la mort”. Mais en politique, la mort n’est jamais neutre quand elle élimine toujours le même profil.

Peut-être que personne n’a donné d’ordre. Peut-être qu’aucune main n’a été directement sale. Mais quand un système récompense le silence, étouffe les enquêtes et prospère sur la peur, il n’a même plus besoin de tuer. Il suffit que ceux qui font de l’ombre comprennent qu’ils sont mortels. Et dans ce parti, visiblement, ils l’ont compris… trop tard.

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