À Antananarivo, l’assainissement n’est pas une politique. C’est un numéro de scène.
Une ou deux fois par an, les autorités frappent fort. Elles dégagent les trottoirs, chassent les commerçants, interdisent les taxi-moto sur les trottoirs, ferment les ateliers informels. Pendant quelques jours, la ville donne l’illusion de l’ordre. Les caméras filment, les communiqués pleuvent, les dirigeants paradent.
Puis tout s’arrête.
Les trottoirs se remplissent à nouveau. Les infractions reviennent. Les arrangements aussi. Comme si rien ne s’était passé.
On parle de “sensibilisation”, de lutte contre la corruption, de respect des règles. Personne n’y croit. Tout le monde sait que la corruption est connue, tolérée, organisée. Les chefs le savent. Les responsables le savent. Et ils font semblant de ne rien voir.
Ces coups de théâtre ne servent qu’à une chose : calmer momentanément la population et produire de belles images.
À force de jouer la comédie, l’État a installé le désordre comme norme et l’ordre comme exception médiatique.
À Antananarivo, l’assainissement n’existe pas. Il se joue.






