Une fois de plus, une personne recherchée par la justice malgache est parvenue à quitter le territoire national en toute tranquillité, en dépit d’une Interdiction de Sortie du Territoire (IST) pourtant en vigueur.
Selon des informations émanant de sources judiciaires, Brigitte Razaka aurait quitté Madagascar le 11 novembre 2025, alors même qu’elle faisait l’objet de plusieurs chefs d’accusation.
Parler de « réussite » serait inapproprié. Il s’agirait plutôt d’une fuite facilitée, rendue possible par les failles — ou les complicités — au sein du dispositif de contrôle aux frontières.
Une IST ignorée, une frontière passoire
D’après ces mêmes sources, la sortie du territoire de Brigitte Razaka n’aurait pu se faire sans la complaisance de la Police de l’Air et des Frontières (PAF). Un scénario désormais tristement familier.
Avant elle, d’autres personnalités frappées d’IST ont franchi les frontières sans encombre, à l’image de Naina Andriantsitohaina, alimentant un sentiment d’impunité généralisée.
Dans un pays où l’IST est censée être une mesure judiciaire contraignante, sa répétée violation pose une question centrale : à quoi servent les décisions de justice si les gardiens de nos frontières ne les appliquent pas ?
Des accusations lourdes et multiples
Brigitte Razaka est actuellement recherchée dans le cadre de plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels :
- faux et usage de faux,
- faux en écriture publique (qualification pénale particulièrement grave),
- usurpation d’identité,
- dénonciation calomnieuse,
- subornation de témoin.
Selon les éléments du dossier judiciaire, elle aurait a Lola Rasoamaharo d’une tentative d’extorsion de fonds, avant de l’envoyer en prison sur la base de preuves falsifiées.
Toujours selon ces accusations, elle a ensuite modifié frauduleusement les titres de propriété de ce dernier, faisant enregistrer à son nom sa maison, son appartement ainsi que plusieurs terrains.
Des biens qui auraient ainsi été spoliés, tandis que la victime croupissait en détention.
Une fuite précipitée
Lorsque Lola Rasoamaharo est sorti de prison, Brigitte Razaka a immédiatement pris la fuite.
Une fuite qui, selon les informations disponibles, n’aurait pu se faire sans appuis solides.
Les regards se tournent notamment vers son mari, Michele Franchi, consul honoraire d’Italie, dont le statut diplomatique soulève de nombreuses interrogations. Sans affirmer de responsabilités directes, plusieurs observateurs estiment que ce lien pourrait expliquer la destination probable de sa fuite, hors de portée immédiate de la justice malgache.
Un État désarmé face à ses propres frontières
Ce nouveau dossier met en lumière une réalité inquiétante :
les frontières malgaches ne protègent pas la justice, elles la contournent.
Comment une personne sous IST peut-elle passer les contrôles ?
Qui valide le départ ? Qui ferme les yeux ?
À force de voir des fugitifs quitter le pays sans être inquiétés, c’est la crédibilité même de l’appareil judiciaire qui s’effondre. L’IST devient une formalité administrative sans effet, et la Police de l’Air et des Frontières un simple décor.
Jusqu’à quand ?
Ce dossier Brigitte Razaka n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une longue série de défaillances institutionnelles, où les décisions de justice se heurtent à des frontières devenues poreuses, sélectives et, parfois, manifestement complaisantes.
À ce rythme, la vraie question n’est plus qui fuit, mais qui protège.
Et surtout : jusqu’à quand la justice malgache acceptera-t-elle d’être ainsi humiliée à ses propres frontières ?






