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Le Journal de l'île Rouge
Société

DANGER IMMINENT – Le barrage de Beboka menace de céder, quatre ans d’alertes ignorées

La gazette de la grande île
14/02/20265 minute read

Le scénario que la presse redoutait depuis des années est en train de se matérialiser. Le Barrage de Beboka présente aujourd’hui des fissures qui s’élargissent, des fuites persistantes et des signes évidents de fragilisation. Le danger est désormais imminent.

Ce drame annoncé n’a pourtant rien d’une surprise.

12 milliards d’ariary, pour quels résultats ?

Les chiffres sont connus, publics, et désormais accablants :

  • Budget de réhabilitation : 12 milliards d’ariary
  • Montant débloqué : 100 %, intégralement versé
  • Entreprise adjudicataire : Michèle Franchi

Malgré cette enveloppe colossale, le barrage montre aujourd’hui des défauts structurels majeurs, incompatibles avec les normes de sécurité exigées pour une infrastructure de cette importance.

Des alertes répétées, documentées, méprisées

Dès 2022, la Gazette de la Grande île tirait la sonnette d’alarme. Le journal avait même financé une expertise indépendante, dont la conclusion était sans appel : le barrage ne résisterait pas aux conditions climatiques.

Fissures visibles, fuites d’eau, exécution bâclée des travaux : tout était consigné, preuves à l’appui. Les autorités ont été officiellement interpellées. Sans réaction.

À partir de 2023, après la fermeture de la Gazette, le Journal de l’île Rouge a pris le relais. Année après année, article après article, le constat est resté le même. Et la réponse des autorités aussi : le silence.

Quatre ans d’inaction, un risque humain majeur

Quatre ans que des journalistes alertent. Quatre ans que les signaux rouges s’accumulent. Aujourd’hui, le barrage menace de céder, mettant en péril des vies humaines, des habitations, des terres agricoles.

La question n’est plus si un drame peut survenir, mais quand.

Il est temps de prendre des mesures immédiates.
Il est temps de demander des comptes à Michèle Franchi.
Il est temps de déterminer les responsabilités administratives et politiques de ceux qui ont fermé les yeux.

Réponse à nos lecteurs : non, la presse ne choisit pas ses cibles

À ceux qui affirment que la presse n’oserait pas publier lorsqu’il s’agit d’un étranger, et qu’elle s’acharnerait uniquement sur des Malgaches, les faits sont têtus.

Les journalistes alertent sur Michèle Franchi, consul honoraire d’Italie, depuis 2022.
Les publications concernant Tojo Ranaivo n’ont commencé qu’en 2025.

La chronologie parle d’elle-même.

Pour nous, il n’y a ni étrangers, ni Malgaches à protéger ou à abattre. Il n’y a que des êtres humains qui obtiennent des marchés publics et qui doivent respecter la qualité des travaux exigée. Quand ce n’est pas le cas, ils doivent répondre de leurs actes, quelle que soit leur origine, leur rang social ou leur nationalité.

« Sortez aussi les dossiers des Karana »

Sur quels dossiers ? Avec quelles preuves ?
L’adresse email du journal est clairement indiquée sur notre page. Envoyez-nous des informations sérieuses, étayées, vérifiables. Donnez-nous des pistes concrètes à creuser.

Assez de juger avec le cœur : les faits vous contredisent

À ceux qui réagissent avec le cœur au lieu de raisonner avec les faits, il faut dire les choses clairement : votre indignation est mal orientée. La chronologie est limpide. Michèle Franchi fait l’objet d’alertes et d’articles depuis 2022, soit une dizaine de publications documentées, bien avant que son nom ne devienne politiquement ou médiatiquement « sensible ». Tojo Ranaivo, lui, n’a fait l’objet que de trois articles, tous publiés à partir de 2025. Comparer ces deux cas comme si la presse s’acharnait sur l’un plutôt que l’autre relève soit de la mauvaise foi, soit d’une lecture volontairement aveugle. Les dates, les chiffres et les archives sont là. La presse n’a pas changé de cible : ce sont les faits qui s’accumulent.

La presse ne lâchera pas, quels que soient les noms

Par ailleurs, rappelons-le sans détours : la Gazette de la Grande île n’a jamais cessé d’interpeller les autorités sur **l’obtention systématique des marchés publics par Colas, ni sur les conditions dans lesquelles ces marchés sont attribués et exécutés. Et elle continuera à publier les faits, encore et encore, tant que les mêmes pratiques perdureront. Ce travail ne dépend ni de la nationalité des entreprises, ni de leur puissance économique, ni des pressions politiques. La presse ne choisit pas ses enquêtes avec le cœur, elle les mène avec des preuves.

S’acharner sur une communauté avec des généralités sans preuve ne fait avancer ni la vérité ni la justice.

Notre combat n’est pas ethnique.
Il est journalistique.
Il est citoyen.
Il est humain.

Aujourd’hui, face au danger que représente le barrage de Beboka, le temps des excuses est terminé. L’inaction tue. Et le silence rend complice.

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