Une autre figure mafieuse a dépassé nos frontières sans encombre et se retrouve au pays de Macron. La goutte de trop pour les millions de malgaches qui périssent dans la misère totale laissée par la mafia de Rajoelina. Toute ces images rassurantes de ces dernières heures ne sont favorables que pour les chancelleries mais irritent inlassablement les peuples. Quand un « intérimaire » malgache s’affiche avec Macron à l’ombre de l’Élysée, les diplomates parlent de coopération, de stabilité et de partenariat stratégique. Dans les foyers malgaches, on parle de riz trop cher, l’électricité de nouveau absente et d’un avenir qui s’évapore. Et pendant ce temps, les grosses têtes du régime mafieux de Rajoelina, anciens décideurs du cercle, acteurs de réseaux opaques, circulent librement en France. Le symbole est brutal ! La question n’est pas morale, elle est politique. La France aime invoquer l’État de droit. Très bien. Alors que l’État de droit parle.
Si des responsables malgaches sont soupçonnés de détournements massifs, d’enrichissements illicites ou de prédation systémique, il existe des mécanismes :entraide judiciaire,conventions internationales,gels d’avoirs,extraditions encadrées.S’il n’y a pas de charges, qu’on le dise.S’il y en a, qu’on coopère.Le flou alimente la colère.L’héritage colonial n’est pas un slogan. C’est une mémoire vivante et Madagascar a été colonisée par la France.Cette mémoire n’est pas effacée, se ravivant à chaque transfuge qui y entre librement, chaque geste diplomatique est observé à travers ce prisme historique.Chaque refuge offert à un ancien dignitaire mafia, controversé, devient, dans l’imaginaire collectif, la preuve d’un système qui protège les siens.La France peut considérer cela comme une interprétation excessive.Mais en politique, la perception crée la réalité.Le danger n’est pas la France.Le danger est l’humiliation ressentie.Quand un peuple s’appauvrit pendant que ceux qu’il considère comme responsables prospèrent ailleurs, la colère devient un carburant politique.Et l’histoire montre une chose :les peuples humiliés ne restent pas silencieux éternellement.La France a intérêt, stratégique, moral et diplomatique, à ne pas sous-estimer ce ressentiment.
Si la France veut réellement tourner la page du soupçon néocolonial, elle doit prouver que son territoire n’est pas un sanctuaire pour les « dahalo » au col blanc. Sinon, elle devra accepter une chose : la défiance grandira, la diplomatie se durcira et Madagascar cherchera ailleurs les partenaires qui respectent sa souveraineté. Car au XXIᵉ siècle, les peuples n’acceptent plus les relations ambiguës. Ils exigent la cohérence. Et la cohérence, en diplomatie, se mesure aux actes, jamais aux … photographies.






