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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Antananarivo-Moscou : Au-delà des hélicoptères, l’enjeu des hommes et de la doctrine

La gazette de la grande île
27/02/20263 minute read
Pour le partenaire russe, retrouver des interlocuteurs comme Jean Ravelonarivo — qui ont vécu l'exigence des académies de l'Est — est un gage de compréhension mutuelle. Pour les autorités malgaches, s’appuyer sur de tels profils est une garantie de souveraineté

Par notre correspondant spécial en Stratégie et Défense

L’image est forte et marque un tournant dans la coopération militaire malgache : la Grande Île a réceptionné, ce jour, une première donation d’envergure en provenance de Russie. Ce lot, composé de deux hélicoptères de manœuvre et de plusieurs camions de transport militaire, vient renforcer les capacités opérationnelles de l’Armée Malagasy. Mais au-delà de l’acier et des rotors, une question de fond se pose à l’État-Major : qui sont les cadres capables de transformer ce matériel de l’Est en une force stratégique durable ?

Le retour de la « Culture de l’Est » à Ivato

La livraison de ces appareils sur le tarmac d’Ivato réveille une mémoire institutionnelle que Madagascar n’a jamais totalement perdue. Pour opérer, maintenir et intégrer ces vecteurs russes dans la doctrine nationale, le pays dispose d’un capital humain précieux, souvent formé dans les cercles d’élite de l’ancienne Union Soviétique.

Parmi ces figures de proue, le Général de Brigade Aérienne Jean Ravelonarivo apparaît comme un trait d’union naturel. Jean Ravelonarivo fait partie de cette génération d’officiers malgaches formés dans les grandes académies soviétiques durant la période de la Deuxième République. Son parcours ne se résume pas à ses anciennes fonctions politiques ; il est avant tout un technicien de haut vol.

De Kirovograd au Conseil Stratégique

Le parcours du Général est celui d’un pur opérationnel. Formé à l’École supérieure de pilotage de Kirovograd, il y a acquis la rigueur et la maîtrise des aéronefs de transport de l’école soviétique. Avec plus de douze ans de service actif comme pilote à la Base aéronavale d’Ivato, il connaît parfaitement les défis logistiques et techniques liés au matériel de l’Est.

Son ascension jusqu’au grade de Général de Brigade Aérienne en 2014, doublée de son rôle de Conseiller Air auprès du Chef de l’État-Major Général (CEMA), en fait l’un des rares officiers capables de dialoguer avec les instructeurs russes actuels tout en maîtrisant les rouages de l’administration malgache. Il possède ce que les diplomates appellent le « code source » de cette coopération : la langue technique et la culture du commandement partagée avec Moscou.

Un Interlocuteur pour la Souveraineté

Alors que les nouveaux hélicoptères et camions militaires commencent leur service, l’efficacité de cette aide dépendra de la capacité d’Antananarivo à mobiliser ses experts historiques. Pour le partenaire russe, retrouver des interlocuteurs comme Jean Ravelonarivo — qui ont vécu l’exigence des académies de l’Est — est un gage de compréhension mutuelle.

Pour les autorités malgaches, s’appuyer sur de tels profils est une garantie de souveraineté. En diplomatie de défense, le matériel n’est qu’un outil ; la puissance, elle, réside dans ceux qui savent le faire parler. À l’heure où les rotors russes tournent à nouveau dans le ciel malgache, l’expertise de cette « Génération Moscou » n’est plus seulement un souvenir, c’est un atout stratégique d’actualité.

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