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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Mamy Ravatomanga vers Istanbul : L’homme qui a exfiltré Ghosn prépare sa propre fuite

La gazette de la grande île
25/08/20263 minute read
Le lien entre Carlos Ghosn et Mamy Ravatomanga ne relève pas de la coïncidence. Ils partagent le même modus operandi et ont utilisé les mêmes leviers pour narguer la justice internationale

Si les juges mauriciens de la Bail and Remand Court commettent l’erreur d’accorder la liberté sous caution à Mamy Ravatomanga, ils ne lui octroieront pas une simple attente de procès à domicile : ils lui signeront un ticket aller simple pour Istanbul.

Pour le patron du Groupe Sodiat, la Turquie n’est pas un choix de villégiature. C’est un sanctuaire logistique, financier et juridique rodé de longue date. Mais surtout, l’histoire l’a déjà prouvé : ce réseau aérien entre Antananarivo, Istanbul et les zones hors extradition est conçu pour une seule chose : orchestrer des fuites spectaculaires.

Le fil conducteur : L’évasion de Carlos Ghosn par la flotte de TOA Aviation

Le lien entre Carlos Ghosn et Mamy Ravatomanga ne relève pas de la coïncidence. Ils partagent le même modus operandi et ont utilisé les mêmes leviers pour narguer la justice internationale.

En décembre 2019, lorsque l’ex-patron de Renault-Nissan fuit son assignation à résidence au Japon caché dans un caisson de matériel audio, l’appareil utilisé pour ce coup d’éclat est un Bombardier Global Express de la compagnie malgache TOA Aviation (Trans Ocean Airways), filiale directe du Groupe Sodiat de Mamy Ravatomanga.

L’appareil, immatriculé sous le pavillon turc TC-TSR, était mis à disposition à Istanbul via un contrat de location-gestion avec la société locale MNG Jet. Le schéma est limpide :

  • Un appareil sous pavillon turc capable de franchir les continents sans escale.
  • Un hub à Istanbul servant de plaque tournante discrète et hors des radars judiciaires classiques.
  • Une logistique de fuite rodée pour exfiltrer des VIP poursuivis par la justice vers des pays sans extradition.

La Turquie : Le quartier général de l’impunité

Mamy Ravatomanga n’a pas seulement prêté son aile d’affaires aux fuites des autres ; il a patiemment bâti son propre navire de secours :

  • Un coffre-fort financier : Les banques turques abritent une part massive des capitaux du magnat malgache, à l’abri des gels d’avoirs internationaux.
  • Un ancrage familial et opérationnel : Durant des années, la branche turque de ses affaires a été directement gérée sur place par son frère aujourd’hui décédé, y laissant des réseaux d’influence intacts.
  • Une autoroute aérienne :Avant son arrestation, les jets VIP de TOA Aviation immatriculés en « TC- » multipliaient les allers-retours entre le hub d’Istanbul et la base d’Antananarivo-Ivato.

Le piège tendu à la justice mauricienne

En demandant sa libération conditionnelle à Maurice, Mamy Ravatomanga applique à la lettre le manuel des évadés de haut vol. Tout est prêt : la logistique aéronautique de TOA Aviation est opérationnelle, les comptes sont approvisionnés à Istanbul et la Turquie ne renvoie pas ses résidents économiques.

Accorder cette caution à l’homme qui a fourni le jet de l’évasion de Carlos Ghosn serait une aveugle complicité : dès les portes de la prison franchies, le scénario est déjà écrit.

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