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Le Journal de l'île Rouge
Politique

L’Ombre des « Tablieristes » : pourquoi nous restons enfermés dans notre propre pauvreté ?

La gazette de la grande île
01/12/20253 minute read

Il faut arrêter de faire semblant. Si Madagascar s’enlise depuis des décennies dans une pauvreté presque caricaturale, ce n’est pas parce que le destin s’acharne, ni parce que la malédiction royale plane encore au-dessus de l’île. Non. C’est parce que le pouvoir réel n’a jamais été totalement dans les institutions, mais dans des réseaux parallèles, des fraternités fermées, capables d’imposer leurs hommes à chaque étage de l’administration.

Depuis la chute de la royauté, le pays n’a jamais construit une véritable méritocratie publique. L’État n’a pas grandi autour de concours, de standards, d’indépendance administrative, mais autour de l’appartenance : appartenance à un clan, à une région, à un groupe d’affaires et, oui, surtout à une loge. Et quand l’État est faible, les réseaux prennent la place. Quand les institutions ne filtrent plus, ce sont les cercles fermés qui décident. Le résultat est accablant, révoltant ! Une administration verrouillée par cooptation, où les nominations se négocient dans des arrière-salles mieux éclairées que les bureaux officiels. Des ministères pilotés selon la loyauté, pas selon la compétence. Des secteurs entiers gardés sous tutelle, non pas pour servir la nation, mais pour préserver l’écosystème de ceux qui “savent se tenir”.

Et que produit un tel système ? Rien d’autre qu’un pays condamné à l’immobilisme. Rien d’autre qu’une élite qui se recycle à l’infini. Rien d’autre qu’un État handicapé par sa propre dépendance aux réseaux qui le contournent. Pendant ce temps, le citoyen vit dans la pauvreté, non pas parce que Madagascar manque de ressources, mais parce que les ressources manquent à Madagascar. Elles s’évaporent dans un univers où les décisions se prennent hors du regard public, où la loyauté fraternelle vaut plus que la performance professionnelle et où la technocratie réelle n’a jamais eu la moindre chance de naître.

Alors, on peut tourner autour du pot autant qu’on veut : tant qu’un gouvernement, quel qu’il soit, ne rompra pas avec cette habitude de valider les nominations à travers des réseaux ésotériques et non à travers des critères de compétence, le pays restera pris en otage. Tant qu’on pensera qu’il faut prêter serment dans un cercle fermé pour gérer une direction, signer un marché ou piloter une institution, Madagascar restera à l’écart de sa propre modernisation.

Et la vérité est brutale. Aucun bon technocrate sans tablier ne peut prétendre apporter son expertise pour Madagascar, raison pour laquelle nous croupissons encore dans une pauvreté extrême, pendant qu’une poignée d’autoproclamés “élites” font la pluie et le mauvais temps. Il est temps pour le peuple de clamer haut et fort : Tabliers au tableau !!!

 

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