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Le Journal de l'île Rouge
Edito

Madagascar : colonie consentante, discipline refusée

La gazette de la grande île
16/12/20253 minute read

Madagascar est déjà une colonie. Pas une colonie militaire, non. Une colonie de consommation, de paresse civique et de résignation organisée. Tout vient de Chine. Tout vient de Corée. Voitures, téléphones, friperie, plastiques, motos, panneaux solaires bas de gamme, nouilles, gadgets, rêves empaquetés. Même la rue malgache parle désormais en caractères importés. Et pendant que le pays avale ces produits sans discuter, il se cabre dès qu’on évoque ce qui a fait la force de ceux qui les produisent : la discipline, la rigueur, la peur de la faute, la honte sociale de l’incivisme. Voilà le vrai scandale.

Madagascar veut les fruits, mais refuse l’arbre. Elle veut la croissance, sans l’effort. Elle veut le progrès, sans la règle.

Elle veut la refondation, sans la douleur. La Chine et la Corée ne se sont pas développées avec des discours creux, des messes politiques ou des redistributions de Vatsy Tsinjo. Elles se sont construites à coups d’exigence, d’éducation sévère, de sanctions claires, parfois injustes, souvent dures, mais efficaces. Là-bas, l’incivisme n’est pas romantisé. Il est puni. La médiocrité n’est pas excusée. Elle est corrigée ou écartée. Madagascar, elle, a choisi une autre voie : l’abrutissement par l’assistance. Un peuple tenu par le ventre, calmé par les « donations », acheté par des promesses, anesthésié par la pauvreté entretenue. On ne gouverne plus par la loi, mais par la faim. On ne forme plus des citoyens, on distribue des sacs. On ne construit plus une nation, on gère une foule. Et puis on ose parler de “liberté” quand toute règle est vécue comme une oppression. Liberté de jeter les ordures. Liberté de frauder. Liberté de corrompre. Liberté d’être médiocre. Voilà la liberté malgache version actuelle : une licence à l’incivisme, pendant que les élites, elles, vivent sous des règles strictes… à l’étranger.

Un peuple qui accepte sans sourciller les produits chinois et coréens, mais refuse une éducation dure à l’asiatique, n’est pas opprimé, il est complice de sa propre stagnation. Madagascar n’est pas trop faible pour la discipline ; elle est trop habituée à l’absence d’exigence. La vraie violence n’est pas la règle stricte. La vraie violence, c’est de laisser un peuple sans boussole, sans cadre, sans sanction, en lui parlant de démocratie. Sans une éducation civique sévère, contraignante, parfois impopulaire, la “refondation” restera un slogan vide, hurlé par des dirigeants incapables d’imposer ce qu’ils n’ont jamais incarné. Un marché, oui. Une nation, non.

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