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Le Journal de l'île Rouge
Politique

« 07 Février », une date bénie pour Rajoelina et sa clique

La gazette de la grande île
07/02/20264 minute read

Ce 07 Février, à Anosy, un bâtiment hautement stratégique de l’Etat brûle. Un lieu où se conserve ce que tout pouvoir corrompu craint le plus : la trace, la preuve, la mémoire administrative et politique. Les mousquetaires mafieux de l’ancien régime, encore actifs, visibles, de nouveau sur les rails politiques, essayent d’enterrer leurs scandales, en les incinérant. Toujours quand les bâtiments sont vides. Toujours quand les archives sont pleines. Ce n’est plus un hasard. C’est une signature, celle de la main de pro-Rajoelina qui aiment le feu et qui brûlent les dossiers sensibles.

Le feu a frappé des lieux qui ont toujours un point commun : des bâtiments publics, des institutions techniques, des centres de décision administrative. Des lieux où s’accumulent contrats, avis, études, signatures, responsabilités. Le feu devient une procédure d’apurement administratif. À chaque fois, la même scène : un court-circuit commode, des archives perdues, une enquête annoncée, puis… le silence. Un silence épais. Organisé. Durable. Quand le siège de l’Office National pour l’Environnement part en fumée en 2020, ce n’est pas un bâtiment qui disparaît. C’est une mémoire de l’État. L’ONE, c’est l’endroit où des projets miniers sont acceptés ou refusés, des avis environnementaux bloquent ou libèrent des milliards, des études gênantes dorment dans des armoires métalliques. Ce soir-là, les flammes ont été plus rapides que la transparence. Et après ? Pas de rapport public détaillé. Pas de responsabilités établies. Pas de procès retentissant. Pas de réforme de sécurité. Un pays sérieux aurait parlé de crise institutionnelle. Rajoelina et Ntsay son toutou de service ont parlé de fatalité. L’incendie de l’Office National pour l’Environnement résume tout.

Accident ou crime mafieux ce 07 février ? L’incendie du bâtiment du ministère de l’Intérieur ne sera pas un fait divers. Ce sera une question politique majeure. Accidentel, dira-t-on. Court-circuit, murmurera-t-on. « Fatalité » sera la conclusion politiquement inacceptable. Mais dans le contexte de la Refondation, on ne se contentera pas de mots. On doit tout démontrer : la chronologie publique, les rapports techniques indépendants, la liste précise des documents détruits et les responsabilités administratives. Quand l’État brûle et on refusera d’expliquer, le doute devient légitime. Car il faut dire les choses clairement. Le ministère de l’Intérieur, ce n’est pas seulement des bureaux. C’est le cœur administratif du pouvoir civil : listes électorales, archives des collectivités, dossiers de décentralisation, correspondances sensibles avec la CENI, décisions préfectorales, historiques de modifications administratives. Autrement dit : la mémoire électorale et territoriale du pays. Quand un tel lieu brûle, la question n’est pas “pourquoi le feu ?” La question est : qu’est-ce qui a disparu ? Le citoyen averti exigera une enquête, pas une version et ne demandera pas une explication rapide. Il réclamera une enquête diligente, indépendante et publique. Quels services exacts ont été touchés ? Quels types d’archives (papier, numérique, sauvegardes) ? Quelles périodes électorales concernées ? Existe-t-il des duplications sécurisées ? Qui avait accès aux lieux avant l’incendie ? … Le silence administratif ne sera pas neutre. Il sera suspect par nature.

L’incendie le plus dévastateur qui hante toutes les consciences est celui de la RNM en 2009. Ce malaise n’existe pas dans le vide. Le pays n’a pas oublié l’incendie volontaire de la Radio Nationale Malgache, où des décennies de mémoire audiovisuelle ont disparu : discours, archives, témoignages, sons de l’histoire. Là encore pas de réparation mémorielle, pas de responsabilité politique, pas de vérité complète. Beaucoup y ont vu une volonté d’effacement, attribuée par l’opinion à des réseaux de pouvoir proches du régime Rajoelina. Qu’on appelle cela “mafia”, “système” ou “clan”, peu importe. Ce qui compte, c’est le résultat : un pan entier de la mémoire nationale effacé sans procès. Que les archives ressortent, là où les têtes pensantes de ce crime odieux sont visibles. Qu’elles soient, enfin, traduites, devant la justice, la vraie, pas celle où l’on prônera encore… le « famelan-keloka ho an’ny fifampihavanam-pirenena ».

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