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Le Journal de l'île Rouge
Société

Assainissement d’Antananarivo : Arrêtez le spectacle, appliquez la loi !

La gazette de la grande île
23/04/20263 minute read
La solution n’est pas à chercher dans de nouvelles études coûteuses ou des visites de courtoisie médiatisées : la solution, c’est l’application stricte de la loi.

À Antananarivo, le chaos est devenu la norme. Entre les embouteillages qui paralysent la capitale du matin au soir et les inondations systématiques à la moindre averse, les autorités semblent piégées dans un cercle vicieux de « descentes sur le terrain », de « constats » et de « réunions de concertation ». Pourtant, le diagnostic est déjà fait depuis des décennies. La solution n’est pas à chercher dans de nouvelles études coûteuses ou des visites de courtoisie médiatisées : la solution, c’est l’application stricte de la loi.

Le cirque des « descentes sur terrain »

Combien de fois devrons-nous voir des officiels en bottes de caoutchouc pointer du doigt des canaux bouchés ou des constructions illicites ? Ces sorties ne sont que des diversions. Elles donnent l’illusion de l’action tout en masquant une impuissance chronique à faire respecter l’ordre. On ne « constate » pas une infraction, on la sanctionne. Chaque minute passée à « étudier » ce qui est déjà évident est une minute de perdue pour la collectivité.

Une ville n’est pas un terrain de jeu pour l’anarchie

Le problème d’Antananarivo n’est pas technique, il est disciplinaire. Pour que la circulation respire et que l’assainissement fonctionne, il faut mettre fin au laisser-aller généralisé. La recette est d’une simplicité désarmante, pourvu qu’on ait le courage politique de l’appliquer :

Libérer les trottoirs : Les piétons doivent marcher sur les trottoirs et les véhicules sur la chaussée. Aujourd’hui, les commerçants occupent l’espace public, forçant les passants à descendre sur la route, ce qui bloque le flux automobile. Les trottoirs ne sont pas des extensions de boutiques, ce sont des infrastructures de circulation.

Interdiction des transports anachroniques : Une capitale moderne ne peut plus tolérer les charrettes, les pousse-pousse, les vélos-taxis ou les charrettes à zébus sur ses axes principaux. Ces modes de transport, ainsi que les camions aux heures de pointe, sont les premiers responsables de la thrombose urbaine.

Discipline des transports en commun : Les taxis-be doivent respecter leurs arrêts et cesser leurs demi-tours sauvages au milieu des carrefours. Le Code de la route n’est pas une suggestion, c’est une obligation.

Zéro tolérance : La seule voie possible

On nous parlera de « contexte social » ou de « précarité » pour justifier l’inaction. Mais la véritable injustice sociale, c’est de laisser une ville entière s’asphyxier et ses habitants vivre dans la boue parce que quelques-uns refusent de respecter les règles communes.

L’assainissement d’Antananarivo ne passera pas par des promesses de grands travaux, mais par une police municipale et nationale qui verbalise, qui saisit et qui fait respecter le périmètre urbain. La loi existe déjà. Elle ne demande pas à être discutée, elle demande à être appliquée. Sans exception, sans favoritisme et sans faiblesse.

Le temps de la pédagogie est terminé. Place à la loi. Place à l’ordre.

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