La France a arraisonné ce dimanche un quatrième pétrolier, accusé d’appartenir à la flotte fantôme russe. Le Tagor, qui a arboré un faux pavillon malgache avant de passer à celui du Cameroun, est accusé d’être utilisé par la Russie pour contourner les sanctions internationales.
Par Raphaël Cann , AFP
La Marine française a arraisonné dimanche un nouveau pétrolier en provenance de Russie lors d’une opération menée en haute mer dans l’Atlantique « avec le soutien de plusieurs partenaires dont le Royaume-Uni« , a annoncé ce lundi Emmanuel Macron sur le réseau social X.
Le navire, le Tagor, est toujours référencé sur les sites de navigation comme battant pavillon malgache. Dans une circulaire datée du 3 avril, l’agence portuaire, maritime et fluvial malgache l’avait évoqué comme opérant « avec des documents falsifiés prétendant une immatriculation à Madagascar ». Lors de son interception, il arborait cette fois un faux pavillon du Cameroun, précisent les autorités françaises. Selon la préfecture maritime de l’Atlantique, l’opération s’est produite « à plus de 400 nautiques (740 km, ndlr) à l’ouest de la pointe de la Bretagne, sur un pétrolier en provenance de Mourmansk en Russie« .
« Après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de Brest, compétent au titre du tribunal maritime« , a-t-on ajouté de même source. Le navire est « actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications« , a précisé la préfecture maritime dans un communiqué.
La « détermination » de la France à lutter contre la flotte fantôme russe
« Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de 4 ans« , a ajouté le chef de l’État, dans un message diffusant quelques images de l’arraisonnement. « Ces navires, qui ne respectent pas les règles les plus élémentaires de navigation maritime, constituent également une menace pour l’environnement et pour la sécurité de tous« , a insisté Emmanuel Macron, assurant que la « détermination » de la France à lutter contre la flotte fantôme russe était « constante et totale« .
L’interception de ce pétrolier, le Tagor, est la quatrième de ce type effectuée par Paris après celles du Deyna et du Grinch, qui avaient des pavillons mozambicain et comorien, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de la Bretagne, à l’ouest, alors qu’il naviguait sans pavillon. Les trois navires avaient été immobilisés puis avaient pu repartir après paiement d’amendes. La France a annoncé le 8 avril vouloir doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d’obtempérer afin de renforcer les moyens de lutte contre les navires de la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.
Si depuis plusieurs années, de nombreux navires de la flotte fantôme russe battaient pavillon des Comores, ces derniers ont été visés par plusieurs paquets de sanctions européennes, ciblant notamment en juillet dernier l’entreprise Intershipping Services LLC, basée aux Émirats Arabes Unis, qui gère les pavillons du Gabon et des Comores.
Par Raphaël Cann , AFP






