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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Anarchie routière à Ankadindramamy : Quand les « taxi-be » jouent la course avec la vie des usagers

La gazette de la grande île
27/06/20264 minute read

Allez-vous enfin faire appliquer la Loi, ou laisser les sauvages dicter la leur ?

Antananarivo, le 27 juin 2026 – Ce samedi matin, les habitants d’Ankadindramamy ont frôlé le drame. Un énième accident impliquant un transport en commun a secoué le quartier, illustrant une fois de plus l’anarchie totale qui règne dans le secteur des taxis-be de la capitale.

Les faits sont d’une inconscience révoltante. Deux chauffeurs de bus, engagés dans une course-poursuite sauvage pour s’arroger le plus grand nombre de clients, ont transformé la voie publique en circuit de rallye. Arrivé au niveau d’un arrêt de bus pourtant noir de monde, le premier conducteur a délibérément choisi d’ignorer les usagers en attente. Sa seule obsession ? Ne pas se faire dépasser par son « adversaire » qui le talonnait. La vitesse, l’adrénaline et le mépris total du danger ont fait le reste : le bus a fini sa course folle en percutant violemment une propriété privée. Le bilan matériel est lourd, et le chauffeur lui-même a été blessé.

Le constat officiel des forces de l’ordre est sans appel : imprudence du conducteur, mise en danger de la vie d’autrui et destruction de biens.

Le calvaire quotidien des usagers d’Antananarivo

Cet accident à Ankadindramamy n’est malheureusement pas un cas isolé. Il est le reflet exact de ce que les usagers des transports en commun d’Antananarivo subissent, impuissants, du matin au soir. Prendre le bus en ville est devenu une roulette russe psychologique et physique.

Le quotidien des voyageurs est jalonné d’abus systémiques :

  • Le mépris des arrêts : Être ignoré sur le trottoir parce que le chauffeur est pressé de distancer un concurrent.
  • Les demi-tours sauvages : Être débarqué à mi-chemin sans explications, obligeant à payer un second ticket pour espérer arriver à destination.
  • Le tri des passagers : Se voir refuser l’embarquement parce que le trajet (du primus au terminus) est jugé trop long et « peu rentable » par des équipages qui préfèrent les trajets courts et denses.
  • L’insécurité permanente : Voyager la peur au ventre à bord de véritables « cercueils ambulants ». Des véhicules délabrés, fumants, dépourvus de freins fiables ou de visites techniques sérieuses, qui n’auraient jamais dû obtenir le droit de circuler.

Lettre ouverte aux autorités : Votre inaction est une complicité

Face à ce chaos, une question brûlante s’impose, et elle s’adresse directement aux responsables étatiques, municipaux et routiers :

Allez-vous toujours laisser agir ces sauvages qui jouent quotidiennement avec la vie des gens ?

Jusqu’à quand allez-vous tolérer que les coopératives de transport dictent leur propre loi ? À chaque fois que l’État ou la Commune tente d’appliquer la réglementation, de contrôler la conformité des véhicules ou de sanctionner les dérives, la réponse de ces syndicats est immuable : le chantage à la grève. Et à chaque fois, le pouvoir public semble reculer, laissant les chauffeurs de taxi-be régner en maîtres absolus sur la chaussée.

Chaque accident, chaque blessé, chaque vie fauchée par la négligence de ces transporteurs est un rappel de la faillite des contrôles. Regarder ailleurs n’est plus une option. Ne pas agir, c’est cautionner. Votre inaction face à ce réseau mafieux et indiscipliné fait de vous les complices de ce calvaire.

Il est temps de dépasser les simples constats d’accidents et d’appliquer la tolérance zéro : retrait définitif des licences en cas de mise en danger, saisie des véhicules non conformes, et sanctions pénales exemplaires pour les chauffeurs et les propriétaires de bus. La vie des citoyens d’Antananarivo vaut bien plus que le confort de quelques coopératives hors-la-loi. À vous de voir, mais sachez que le compteur des responsabilités tourne.

 

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