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Le Journal de l'île Rouge
Politique

la SADC entre soutien et exigence de retour à l’ordre constitutionnel

La gazette de la grande île
19/08/20265 minute read

Le communiqué final du 46 Sommet ordinaire de la SADC, tenu à Durban le 17 août 2026, consacre une place importante à la situation de Madagascar. À travers quelques formulations diplomatiques soigneusement pesées, l’organisation régionale délivre un message qui mérite d’être analysé : elle soutient le processus de « Refondation », mais attend de celui-ci qu’il conduise véritablement Madagascar vers une normalité constitutionnelle et démocratique.

Le Sommet a d’abord félicité Madagascar pour les « consultations constructives » menées sous l’égide du Comité des sages de la SADC, avec l’appui du Groupe de référence à la médiation et du Secrétariat de l’organisation. Cette reconnaissance traduit la volonté de la SADC de poursuivre son implication dans la recherche d’une sortie de crise pacifique.

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Mais le soutien apporté au processus de Refondation n’est pas présenté comme un soutien inconditionnel à un pouvoir ou à une quelconque configuration politique. La SADC en précise les fondements : gouvernance inclusive, institutions démocratiques, redevabilité, respect des droits de l’homme, participation citoyenne et retour à la normalité constitutionnelle.

C’est probablement le point le plus important du communiqué.

La « Refondation » ne peut, aux yeux de la SADC, être une simple période de transition dont la durée et les contours resteraient indéfinis. Elle doit déboucher sur un nouvel équilibre institutionnel reposant sur des règles démocratiques et constitutionnelles. 

Autrement dit, la SADC accepte d’accompagner la transformation politique de Madagascar, mais elle rappelle implicitement que la finalité doit rester le retour à un ordre constitutionnel légitime.

Une accalmie qui demeure fragile

L’autre message fort concerne la situation sur le terrain. Le Sommet exhorte les parties prenantes à « préserver le calme relatif » qui règne dans le pays et à privilégier le dialogue pour exprimer leurs revendications.

Le choix de l’expression « calme relatif » est révélateur. La SADC ne considère manifestement pas que la crise soit définitivement dépassée. Elle constate plutôt une accalmie qui doit être préservée.

Cette accalmie ne pourra cependant devenir une véritable stabilité que si les causes profondes des tensions trouvent des réponses politiques. Le dialogue ne doit donc pas être seulement un moyen de calmer les contestations ; il doit devenir un instrument permettant de traiter les revendications et de reconstruire la confiance entre les différentes composantes de la société malgache.

L’appel au dialogue s’adresse ainsi à l’ensemble des acteurs. Il ne peut être compris comme une invitation faite uniquement à l’opposition de renoncer à la confrontation. Il implique également que les autorités soient disposées à entendre les revendications et à ouvrir suffisamment l’espace politique.

L’inclusivité, le véritable test de la Refondation

Le mot « inclusif » est sans doute l’un des plus importants du communiqué. Il renvoie directement à la question de la légitimité du processus en cours.

Une Refondation qui serait conduite par un cercle politique restreint risquerait de produire de nouvelles frustrations et de reproduire les mécanismes de crise que le pays cherche précisément à dépasser.

La participation citoyenne, également mentionnée par la SADC, prend dans ce contexte une importance particulière. La transformation des institutions malgaches ne peut durablement réussir si la population ne se reconnaît pas dans le processus et dans ses résultats.

La question n’est donc pas seulement de savoir quelles réformes seront adoptées, mais aussi qui participera à leur conception et selon quelles règles.

Du soutien aux actes concrets

Le communiqué de Durban marque ainsi une nouvelle étape. La SADC a apporté son soutien à la médiation et aux consultations ; elle doit désormais être attentive à leur traduction politique concrète.

Les principes sont posés : dialogue, inclusivité, démocratie, droits de l’homme, redevabilité et retour à l’ordre constitutionnel. Le prochain défi sera de les transformer en décisions, en réformes et en échéances crédibles.

C’est là que se jouera la crédibilité de la Refondation.

Car une transition peut facilement se prolonger au nom de la nécessité de réformer. Mais plus elle dure, plus elle doit démontrer qu’elle prépare réellement le retour à des institutions démocratiquement légitimées.

Le message de la SADC peut donc être lu comme un soutien, mais également comme une mise en garde diplomatique : l’organisation régionale accompagne Madagascar, mais elle attend que la Refondation mène quelque part.

Cette destination ne peut être autre que la normalité constitutionnelle, dans un cadre démocratique, inclusif et respectueux des droits fondamentaux.

Le véritable succès de la Refondation ne sera donc pas de maintenir le calme pendant la transition. Il sera de transformer ce calme fragile en stabilité durable, et la transition en institutions capables de restaurer la confiance des citoyens.

Madagascar dispose aujourd’hui d’une opportunité. La SADC vient de rappeler que cette opportunité ne pourra être saisie ni par l’exclusion, ni par la confrontation, mais par le dialogue, l’inclusion et la reconstruction d’un ordre constitutionnel légitime.

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