Depuis 2019, plus de 240 kg d’or provenant de Madagascar ont fait l’objet de saisies à l’étranger et sur le sol malgache, atteignant un total documenté de 243,386 kg (soit une valeur métallique estimée à près de 35 millions de dollars). Ce volume englobe notamment 95,386 kg saisis à Madagascar entre 2024 et septembre 2026, 73,5 kg interceptés en Afrique du Sud en décembre 2020, 49 kg saisis aux Comores en décembre 2021, ainsi que 25,5 kg interceptés à Maurice en janvier 2019.
Cependant, au cœur de ce vaste trafic et de ces cargaisons interceptées, une affaire singulière cristallise toutes les interrogations et met en cause les plus hauts sommets de l’État : l’affaire des 36,43 kg d’or transformés en fer au ministère des Mines d’Ampandrianomby.
Chronologie :
L’affaire de ces 36,43 kg d’or, issus initialement de saisies réalisées par l’État, s’intègre dans une chronologie troublante étroitement liée au calendrier politique de Christian Ntsay :
Avril 2019 (L’or bien réel) : Un inventaire incontesté confirme que les 36,43 kg d’or sont rigoureusement sécurisés dans le coffre du Directeur Général des Mines. Pour y accéder, une double sécurité est exigée : une clé physique et un code secret distinct.
Septembre – Octobre 2020 (La phase suspecte du blocage) : Le mécanisme du coffre est mystérieusement déclaré « bloqué ». Une entreprise privée est mandatée pour le forcer, marquant le point de départ des doutes sur l’intégrité du contenu.
Août 2021 – Mars 2022 (La coïncidence de l’intérim) : À la suite d’un remaniement gouvernemental, aucun ministre des Mines n’est nommé. Christian Ntsay assume alors directement et personnellement l’intérim de ce portefeuille. Durant ces plusieurs mois, il endosse le rôle de premier responsable hiérarchique et de gardien suprême de l’administration du ministère.
Juin 2022 (Le constat du « fer ») : En mars 2022, Olivier Rakotomalala accède à la tête du ministère, mettant un terme à l’intérim de Christian Ntsay. C’est lors de l’inventaire officiel de passation de service, en juin 2022, que la supercherie éclate au grand jour : l’or a complètement disparu, remplacé par de simples morceaux de fer savamment disposés pour simuler le poids initial.
La responsabilité de Christian Ntsay
Ce scandale suscite de légitimes suspicions quant au niveau de protection et de contrôle des richesses nationales. En effet, durant son intérim à la tête du ministère des Mines, Christian Ntsay était en possession du code du coffre et s’affichait comme le seul habilité à y toucher.
Comment un tel détournement a-t-il pu avoir lieu sous la surveillance directe de l’administration de la Primature ? Alors qu’une grande partie des propriétaires de l’or saisi à l’international ou sur le territoire national n’a jamais été inquiétée, l’affaire des 36 kg d’Ampandrianomby met directement en cause la gestion des deniers et biens publics placés sous la garde de l’exécutif.
Face à ce braquage institutionnel, une question demeure au centre de toutes les revendications de transparence : Où sont passés les 36 kg d’or, Monsieur Ntsay ?






