Les Malgaches attendent plus que des promesses : ils attendent une transformation réelle de l’État et de leurs conditions de vie.
À Son Excellence Monsieur le Président de la Refondation, avec tout le respect dû à votre fonction et dans un esprit fraternel de citoyenneté chrétienne, je souhaite partager cette réflexion, guidé par une conviction simple : l’amour de notre nation nous appelle tous à rechercher la vérité, à servir le bien commun et à œuvrer pour un avenir meilleur pour les Malgaches.
« Tsarao izay tsy marina, na iza na iza be kolikoly, eny fa na mpikambana anaty governemanta dia lazao ahy. »
« Dénoncez ce qui n’est pas juste, toute personne corrompue, quelle qu’elle soit, même si elle est membre du gouvernement, faites-le-moi savoir. »
Ces paroles du Président de la Refondation expriment une exigence forte : personne ne devrait être au-dessus de la loi, quelles que soient sa fonction et sa proximité avec le pouvoir.
Le Président a également appelé les Malgaches à prier pour la nation. Lors d’un culte à Iavoloha, le 18 octobre 2026, il a évoqué des pratiques occultes qui, selon ses déclarations, viseraient à provoquer la chute de son pouvoir.
Ces déclarations nous invitent à une réflexion qui dépasse la seule actualité politique. Elles interrogent la cohérence entre la parole, les convictions spirituelles, l’exercice du pouvoir et les responsabilités envers la population.
Car aujourd’hui, les Malgaches attendent. Ils attendent des actes, des changements visibles et des raisons concrètes de croire en la Refondation.
La responsabilité particulière d’un Président qui est aussi « Mpiandry » est Claire.
Dans la tradition chrétienne, le Mpiandry est appelé à guider, à servir, à protéger et à témoigner de la vérité. Cette responsabilité spirituelle implique une exigence morale qui ne s’arrête pas aux paroles, mais doit se manifester dans les actes.
Cette fonction appelle à l’humilité, à la justice, à la compassion et au souci de l’autre. Elle ne confère aucun privilège politique et ne dispense d’aucune responsabilité publique.
Lorsqu’un Président est également engagé comme Mpiandry, cette double responsabilité invite naturellement à s’interroger sur la cohérence entre les valeurs chrétiennes qu’il professe et la manière dont il exerce son pouvoir.
Il ne s’agit pas de juger sa foi personnelle. Nul ne peut prétendre connaître avec certitude la sincérité de la conscience d’un autre.
Mais il est légitime de poser une question essentielle : les valeurs de vérité, de justice et de service qu’il invoque se retrouvent-elles dans les décisions prises pour gouverner le pays ?
La Bible nous enseigne, dans Matthieu 7:16, que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits. Dans la vie publique aussi, les fruits d’un engagement doivent pouvoir être observés.
La prière peut soutenir une nation dans l’épreuve. Elle peut nourrir l’espérance et encourager la solidarité. Mais elle ne saurait remplacer les décisions nécessaires pour combattre la corruption, rétablir l’autorité de la loi et améliorer les conditions de vie de la population.
Monsieur le Président, la population entend vos paroles. Elle connaît vos appels à combattre la corruption. Elle a entendu votre appel à prier pour la nation. Elle attend maintenant que la Refondation se traduise par des décisions et des résultats à la hauteur des espoirs suscités.
Votre engagement comme Mpiandry peut être une source d’inspiration pour le service de la nation. Mais cette responsabilité spirituelle, comme votre responsabilité politique, appelle à une exigence de cohérence entre les valeurs proclamées et les actes accomplis.
L’heure n’est plus seulement à dénoncer les failles de l’État. Elle est à les corriger durablement.
L’heure n’est plus seulement à promettre la justice. Elle est à construire les conditions de son application à tous.
L’heure n’est plus seulement à demander à la population de garder confiance. Elle est à donner des raisons concrètes de cette confiance.
La Refondation ne se mesurera ni à la force des discours, ni à la ferveur des prières, mais à la vérité des actes, à la solidité des institutions et à l’amélioration réelle des conditions de vie des Malgaches.
Car, au bout du compte, ce n’est pas le pouvoir qui doit être au centre de la Refondation. C’est la nation, et d’abord l’ensemble du peuple malgache.
Une réflexion pour le bénéfice de l’intelligence collective.





