Comment un général de corps d’armée de la gendarmerie a-t-il pu laisser faire ? Le général Richard Ravalomanana n’est pas un élu ordinaire. C’est un ancien commandant de la gendarmerie, un spécialiste du renseignement de sécurité publique, un homme censé protéger les institutions.
Son incapacité à détecter, encadrer ou empêcher les activités douteuses d’un individu étranger opérant dans son entourage immédiat constitue une faute professionnelle grave, voire une complicité tacite.
Une République en disgrâce
La République malgache traverse un moment de profond discrédit institutionnel. Le président du Sénat, le général Richard Ravalomanana a non seulement laissé les institutions dériver sous l’influence militaire, mais il s’est également entouré d’un personnage sulfureux, désormais reconnu comme un affairiste sans scrupule, impliqué dans un trafic international d’envergure.
Un conseiller venu de l’ombre, aux pratiques troubles
Pendant des mois, Monsieur Khushwinder Singh, ressortissant indien, a gravité dans l’entourage immédiat du général Ravalomanana. Présent à différents événements internationaux aux côtés du président du Sénat, accrédité sans fonction officielle claire, il opérait au cœur du Sénat comme un agent officieux du pouvoir, prétendument bénévole.
Les révélations sur son rôle dans l’affaire d’immatriculation temporaire de cinq Boeing 777 — aujourd’hui intégrés à la flotte de Mahan Air, compagnie iranienne placée sous sanctions internationales — le placent au centre d’un réseau opaque de trafic aérien international. Un avis de recherche aurait été lancé contre lui par les autorités judiciaires. Désormais, plusieurs sources nationales confirment ce que beaucoup redoutaient : Monsieur Khushwinder Singh est un affairiste opportuniste, sans foi ni loi, qui a profité de la bienveillance — ou de la complicité — des plus hautes sphères du Sénat pour manœuvrer dans l’ombre à des fins criminelles.
Un aveuglement — ou une compromission — impardonnable
Le général Ravalomanana n’a pas découvert ces faits par ses propres moyens. Il a agi trop tard, sous la pression du scandale, en limogeant son conseiller pour tenter de préserver les apparences.
Mais une question cruciale reste posée : comment un gendarme de haut rang, général de corps d’armée, ancien commandant de la gendarmerie, et ex-patron du renseignement de la sécurité publique, a-t-il pu laisser un affairiste étranger agir librement dans le deuxième plus haut organe de l’État ? Était-il manipulé ? Naïf ? Ou complice ? Aucune de ces hypothèses ne peut l’innocenter.
Une République prise en otage par les intérêts privés
Ce scandale dépasse la seule personne du conseiller. Il révèle une faillite morale et institutionnelle profonde. Le Sénat, censé garantir la stabilité démocratique, a été transformé en plateforme de légitimation de réseaux opaques et de trafics internationaux. Et ce n’est pas un politique de carrière qui a permis cela : c’est un gendarme.
Le maintien de Richard Ravalomanana à la tête du Sénat constitue désormais une menace pour la crédibilité de l’État, la souveraineté nationale, et la sécurité du pays.
L’appel à la démission devient une exigence nationale
Madagascar ne peut pas continuer à être dirigée par des hommes qui ferment les yeux — ou ouvrent les portes — à des criminels économiques. Il est temps pour le général Ravalomanana de prendre ses responsabilités et de présenter sa démission.
C’est le minimum de respect que l’on est en droit d’attendre envers la République, les citoyens, et les institutions qu’il a contribué à souiller.
Ce qui est en jeu ? L’avenir de la République
Ce scandale dépasse le cadre d’un simple conseiller. Il pose une question centrale à toute la société : souhaitons-nous continuer à vivre dans un État gouverné par le clientélisme, le silence complice, et l’impunité ?
Ou bien voulons-nous retrouver le chemin de l’intégrité, de la justice, et de la souveraineté nationale ?
Le général Richard Ravalomanana doit partir. Et avec lui, la culture de l’impunité.






