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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Armée malgache : le cri d’alarme du CAPSAT face à un système à bout de souffle

La gazette de la grande île
11/10/20253 minute read
Ce matin, des militaires du CAPSAT ont brisé le silence. Depuis leur caserne à Soanierana, ces soldats ont lancé un appel rare, grave, mais profondément patriotique : un appel à l’unité pour protéger le peuple malgache, face à un système militaire et politique qu’ils dénoncent comme corrompu, injuste et déconnecté des réalités du pays.
« Nous avons juré de défendre le peuple, pas des intérêts particuliers », ont-ils rappelé, dans une déclaration directe et sans équivoque. Ce n’est pas seulement un cri de colère, c’est un sursaut de conscience. Frustrés par un système verrouillé par une élite qui en tire tous les bénéfices, ces militaires dénoncent une hiérarchie qui trahit les fondements même de la mission des forces armées.
Ils rapportent des cas d’arrestations arbitraires parmi leurs camarades. Des soldats emprisonnés « sans raison », selon leurs termes, pour avoir simplement refusé de se plier à des ordres contraires à leur éthique. « Ils n’ont rien volé, ils n’ont rien trahi, sinon un système injuste », affirme un des porte-parole du mouvement. Leur consigne est désormais claire : refuser toute confrontation entre frères d’armes, refuser de retourner leurs armes contre la population.
Une réponse du haut qui sonne creux
 
La réaction du ministre des Forces armées n’a pas tardé. Depuis le siège de l’état-major à Andohalo, il a lancé un appel au dialogue, à la cohésion et à la concertation. Mais ces mots résonnent comme une ritournelle bien connue, souvent répétée pour calmer la tempête sans jamais s’y confronter réellement.
Comment parler de cohésion quand le haut de la pyramide profite allègrement d’un système qui étrangle les subalternes ? Comment parler de dialogue quand ceux qui parlent sont systématiquement réduits au silence, voire emprisonnés ?
Le ministre, figure d’une élite protégée, semble plus soucieux de maintenir l’ordre établi que d’écouter les signaux d’alerte qui montent du terrain. Et pendant ce temps, le fossé se creuse. Entre soldats et commandement. Entre l’armée et le peuple. Entre les promesses républicaines et la réalité d’un système verrouillé.
Un système à bout de souffle
Ce qui se joue ici dépasse largement le cadre militaire. Le CAPSAT ne fait que mettre en lumière, de manière spectaculaire, ce que des millions de Malgaches vivent chaque jour : une frustration profonde face à l’iniquité, l’impunité des puissants et l’effondrement des institutions.
Les militaires de Soanierana ne sont pas en rébellion. Ils sont en résistance. Résistance contre la confiscation du pouvoir par une minorité. Résistance contre les ordres injustes. Résistance contre une hiérarchie militaire qui oublie qu’elle doit son autorité au peuple, et non l’inverse.
Ce moment marque peut-être un tournant. Un réveil. Celui d’une armée qui commence à se regarder dans le miroir de sa propre mission : protéger le peuple, pas le système.
Conclusion :
Quand les soldats refusent d’être les bras armés d’un système injuste, ce n’est pas une menace. C’est un signal d’espoir. Celui que la loyauté envers le peuple peut encore l’emporter sur la soumission aux intérêts privés.
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