La justice malgache devrait, encore une fois, lever les yeux et regarder de l’autre côté de l’Orient. Oui, vers Maurice. L’île sœur, longtemps critiquée pour ses zones grises financières et ses réseaux d’évasion, démontre aujourd’hui qu’elle a su durcir le ton, et surtout les lois, contre les mouvements de capitaux mafieux.
Le récent cas de Maminiaina Ravatomanga, visé par une Criminal Attachment Order de la Financial Crimes Commission (FCC), en est la preuve éclatante. Maurice n’a pas tremblé. Les comptes sont gelés, les flux financiers stoppés net, les institutions ont agi avec méthode et transparence. À Madagascar, pendant ce temps, les dossiers s’empilent et se perdent entre les bureaux climatisés du Bianco, du Samifin et d’autres institutions censées combattre la corruption. Des organes dotés, financés, mais trop souvent paralysés par la peur des « intouchables ». Le peuple, lui, n’attend plus que des actes.
Le cas mauricien ravive une lueur d’espoir : celle de voir un jour nos propres institutions judiciaires et financières faire preuve du même courage. Car tant que la complaisance régnera, Madagascar restera sur la liste rouge mondiale des pays à haut risque de blanchiment d’argent.
Notre île sœur, elle, devrait maintenant aller au bout de sa logique de transparence en divulguant les noms des personnalités d’État malgaches, de leurs familles respectives et de leurs complices politico-économiques qui continuent à héberger et à faire transiter leurs avoirs dans les banques mauriciennes.
Encore une fois, bravo à la FCC, qui vient de donner à l’océan Indien une leçon magistrale d’intégrité et de fermeté. Souhaitons qu’à Tana, les consciences s’éveillent, et que la peur change enfin de camp. Que tous les complices locaux dont on connait l’existence (prête-noms, gestionnaires de comptes, directeur de banque, comptables, …), qui ont permis ces vols et énormes transferts sur le compte du Baron à Maurice, soient être traqués sans merci et sans relâche car ce sont les « Einsatzgruppen » de Mamy et consorts.






