Skip to content
Le Journal de l'île Rouge
Politique

Pourquoi maintenant ?

La gazette de la grande île
10/10/20244 minute read
pourquoi, si une solution est effectivement réalisable « dès demain », n’a-t-elle pas été mise en œuvre plus tôt ?

Andry Rajoelina promet des solutions aux problèmes d’eau et d’électricité d’Antananarivo dès demain

La scène politique malgache a connu une énième annonce éclatante avec Rajoelina le menteur promettant des solutions immédiates aux crises de l’eau et de l’électricité qui paralysent la capitale, Antananarivo. En effet, dès « demain », selon ses propres mots, des mesures concrètes devraient permettre aux citoyens d’accéder à des ressources de base, aprèse des années – de perturbations qui ont suscité la colère et le désespoir des Tananariviens. Une promesse qui fait écho à tant d’autres, mais cette fois-ci, une question brûle les lèvres : « Pourquoi maintenant ? »

Des annonces qui reviennent sans cesse

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement malgache, et Radomelina en particulier, promet une amélioration radicale des infrastructures d’eau et d’électricité. Chaque crise ammène avec elle une déclaration rassurante, un plan ou un projet ambitieux. Pourtant, malgré ces multiples promesses, les coupures d’électricité restent fréquentes, et l’accès à l’eau potable est toujours un défi quotidien pour  les habitants.

Certains se demandent si ces annonces ne sont pas simplement des opérations de communication, destinées à apaiser temporairement les esprits dans un contexte politique de plus en plus tendu. Les citoyens malgaches, fatigués par les attentes et les espoirs déçus, s’interrogent : pourquoi, si une solution est effectivement réalisable « dès demain », n’a-t-elle pas été mise en œuvre plus tôt ?

Le timing : coïncidence ou calcul politique ?

Cette annonce intervient à un moment où la pression monte dangereusement dans la capitale. Les pénuries d’eau et d’électricité ont poussé une partie de la population à bout. Des manifestations sont en préparation, les frustrations s’accumulent, et l’économie souffre des perturbations constantes. Le spectre d’une instabilité sociale et politique se dessine à l’horizon.

Rajoelina sait que la stabilité de son gouvernement dépend en grande partie de la capacité à répondre aux besoins les plus pressants de la population. En promettant une solution immédiate, il espère peut-être désamorcer cette tension grandissante. Mais si une solution existe réellement, pourquoi avoir attendu que la situation atteigne un point de non-retour avant d’agir ?

Projets d’urgence ou mesure désespérée ?

Certains observateurs soulignent que des efforts sont en cours depuis plusieurs mois pour résoudre ces problèmes, notamment par la réquisition de services ou l’accélération de projets d’infrastructure. On mentionne des forages souterrains ou des projets d’énergie renouvelable pour remédier à la crise. Toutefois, ces initiatives ont pris du temps à se concrétiser. Les citoyens ont été patients, mais leur patience a des limites.

En revanche, d’autres se demandent si ces promesses ne sont pas une tentative désespérée de détourner l’attention d’autres dossiers brûlants ou de calmer les esprits à l’approche d’échéances politiques. Le téléphérique, l’un des projets phares de Rajoelina, a suscité de nombreuses critiques, certains y voyant un investissement dispendieux dans un pays où l’accès à l’eau et à l’électricité reste un luxe pour beaucoup.

Une lueur d’espoir ou un nouveau mirage ?

Alors que les Tananariviens attendent avec scepticisme de voir si ces promesses seront tenues, une question demeure : que se passera-t-il si « demain » vient sans changement réel ? La crédibilité du gouvernement en prendrait un coup, et la colère populaire, déjà palpable, pourrait bien s’enflammer.

Rajoelina, conscient des enjeux, joue une partie serrée. Si les solutions aux problèmes d’eau et d’électricité sont enfin mises en place, il pourrait renforcer sa position et apaiser la situation. Mais si cette promesse se révèle n’être qu’une autre annonce sans lendemain, les conséquences politiques pourraient être désastreuses.

Alors, pourquoi maintenant ? Parce que le gouvernement est dos au mur, et que l’avenir de Rajoelina pourrait bien dépendre de ce « demain » tant attendu.

Partager cette article
Articles connexes
Back To Top