Hier, le gouvernement malgache a officiellement réceptionné des dizaines de bus importés, présentés comme une avancée majeure pour le transport en commun. Andry Rajoelina, fidèle à son style de communication spectaculaire, a une fois de plus brandi le mot « modernité » comme étendard. Mais derrière les beaux discours, la réalité est toute autre : ces bus sont conformes à la norme Euro 3, une norme interdite en Europe depuis 2006 pour les véhicules lourds comme les bus.
Des véhicules que l’Europe a bannis depuis presque deux décennies
La norme Euro 3 pour les bus et camions est entrée en vigueur en 2000 et a été définitivement abandonnée en 2006 au profit de normes plus strictes (Euro 4, puis Euro 5 et aujourd’hui Euro VI). En clair :
Depuis 2006, plus aucun bus Euro 3 ne peut être immatriculé en Europe.
Ces véhicules sont désormais considérés comme trop polluants, énergivores, bruyants et obsolètes.
Alors pourquoi les retrouve-t-on aujourd’hui à Antananarivo, accueillis comme un pas vers l’avenir ?
Des “bus modernes” ? Non. Des bus rejetés ailleurs
Contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement, les bus Euro 3 :
Polluent énormément : leurs émissions de particules fines et de NOx sont bien plus élevées que celles des normes actuelles.
Consomment plus, sont moins efficaces et n’offrent pas les standards environnementaux d’aujourd’hui.
Sont des véhicules usagés, que les pays développés n’acceptent plus depuis longtemps.
C’est donc un marché de la casse européenne que l’on habille ici du mot « modernité ».
Hypocrisie écologique et danger sanitaire
Le comble, c’est que cette opération est menée au nom de la « transition écologique » et d’un « plan de mobilité durable ». Mais il n’y a rien de durable dans l’importation de bus rejetés par l’Europe depuis 20 ans. Cette opération est :
Un non-sens écologique,
Un mépris des normes environnementales,
Un danger pour la santé publique (pollution de l’air, maladies respiratoires).
⚠️ Ce que Madagascar mérite : des transports du XXIe siècle, pas les déchets du XXe
Les Malgaches ne méritent pas des bus rejetés par les autres. Ils méritent des transports propres, fiables, modernes et adaptés aux défis climatiques d’aujourd’hui. Des bus hybrides, électriques ou au moins aux normes Euro V ou VI, pas des restes maquillés pour tromper l’opinion.
Recevoir des bus Euro 3 en 2025, c’est comme installer Windows 98 sur un ordinateur neuf et appeler ça une révolution numérique.








